Gérard Françoise : "Supprimer le Lundi de Pâques et le 8 mai ? Et demain, le 20 décembre ?"

Le conseiller départemental de La Réunion Gérard Françoise s'exprime après les annonces budgétaires de François Bayrou. L'élu socialiste dionysien réprouve totalement la suppression du 8 Mai comme jour férié et craint déjà que des dates symboliques à La Réunion fassent les frais de ces restrictions budgétaires à l'avenir.
Le communiqué :
Supprimer le Lundi de Pâques et le 8 mai ? Une attaque contre nos valeurs. Et demain, le 20 décembre ?
Aujourd’hui, dans un contexte de réduction du déficit budgétaire national, François Bayrou propose de supprimer deux jours fériés essentiels du calendrier républicain : le Lundi de Pâques et le 8 mai, jour de la Victoire sur la barbarie qu’a été le nazisme.
Cette proposition est non seulement profondément choquante, mais elle participe à une logique de déconstruction de nos racines culturelles, spirituelles et historiques. Il ne faut pas réduire ces dates à de simples jours chômés : elles sont des repères, des symboles, des actes de mémoire.
• Le Lundi de Pâques, ancré dans nos traditions chrétiennes, fait partie intégrante du socle culturel de notre pays.
• Le 8 mai est un hommage national aux combattants de la liberté, une journée de mémoire et de dignité. En tant qu’élu de La Réunion, je ne peux que m’alarmer d’une telle démarche. Car si l'on accepte de rayer du calendrier ces moments d’unité et de mémoire nationale, qu’est-ce qui empêchera demain que l’on vienne remettre en question le 20 décembre, jour de l’Abolition de l’esclavage à La Réunion, jour de l’Unité Réunionnaise ?
Faut-il craindre que, sous prétexte de combler les déficits structurels de nos collectivités, on nous impose un financement "endogène" qui passerait par la suppression de nos propres dates mémorielles ?
La logique comptable ne peut pas effacer l’histoire, ni la souffrance, ni les combats qui ont forgé notre société. Ce n’est pas au peuple de payer le prix d’une politique budgétaire court-termiste en sacrifiant sa mémoire.
Je m’oppose fermement à cette dérive technocratique qui méprise les territoires, les identités, et les valeurs fondamentales de la République.
Je rappelle que les jours fériés sont des piliers de cohésion, des moments de transmission, des marqueurs de notre appartenance collective. Supprimer ces dates, c’est ouvrir la porte à un effacement progressif de tout ce qui fonde notre nation. Et le peuple deviendra foule. Je le dis clairement : pas question de toucher au 20 décembre. Pas question de sacrifier nos repères sur l’autel de l’austérité.


