Gérard Ethève, "la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf"
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Air Austral, la compagnie privée à fonds publics réunionnaise, avec ses 943.879 passagers, son chiffre d’affaires de 335 millions €, ses 6 millions € de bénéfices avant impôts, ses 2 Boeing 737, ses 2 ATR 72-500 et ses 5 Boeing 777 de location, vient à Paris, en la personne de son P.D.G., "de déclarer la guerre à Air France" par "son alliance" avec Lufthansa.
Air France /KLM, ce sont 71.394.000 passagers, un chiffre d’affaires de 16.267 millions €, 625 avions, dont 594 en exploitation. Comme elle le rappelle ces jours-ci, cette compagnie a desservi, avec plus ou moins de bonheur, la Réunion depuis trois générations. Vouloir "entrer en guerre" avec ce mastodonte atteste de la mégalomanie de la part du PDG d’Air Austral bien plus préoccupé de "son pouvoir omnipotent" à la tête de "sa compagnie", de l’intérêt de "son entreprise" que de l’intérêt des 820.000 Réunionnais et du développement économique de leur île. L’accord avec la compagnie Lufthansa, le pire concurrent d’Air France, qu’il présente, ainsi que le journal "Témoignages", comme une éclatante reconnaissance et réussite de sa gouvernance personnelle, n’est qu’un très modeste accord interligne des plus courants tels qu’il en existe pour des centaines de compagnies à travers le monde. Le bénéfice pour la Réunion et son développement économique, surtout touristique ne seront que purement symbolique et constitue surtout un effet d’annonce visant à "bluffer" le nouveau président de région et à obtenir qu’il reste à 81 ans à la tête de cette entreprise si juteuse pour lui et sa famille jusqu’à… 99 ans. Quant aux belles promesses de baisse de 25% des billets d’avion en 2014/2015, grâce aux Airbus 380, comme toujours elles n’engagent que ceux qui y croient.
Pour celui qui, 12 ans durant, a toujours été un serviteur zélé du pouvoir politique du président Vergès, à la veille d’une assemblée générale qui va trancher de son maintien à la tête de la compagnie, il importe de faire preuve de zèle à l’égard du nouveau président de région qui, d’évidence, à 46 ans, est à même de prendre "le manche à balai" d’Air Austral pour, espérons le, la mettre enfin, en totale transparence, au service de tous les Réunionnais et non plus servilement de la politique du président Vergès et ses alliés.
Antoine Franco


