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Fruits et légumes : les prix continuent de s’envoler à La Réunion

Ecrit par G.D. – le jeudi 12 juin 2025 à 11H30

À La Réunion, les marchés forains affichent des prix toujours plus élevés pour les produits frais. En cause : une production locale affaiblie par les cyclones et une forte dépendance aux importations.

Après un mois de mars marqué par une explosion de +19 % des prix des produits frais, avril et mai 2025 confirment la tendance à la hausse sur les étals réunionnais. Selon la DAAF et l’INSEE, cette flambée des tarifs s’explique à la fois par les dégâts causés aux cultures locales par les cyclones Belal et Garance, et par un recours accru à des produits importés, souvent plus chers en raison des taxes.

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D’un mois à l’autre, plusieurs fruits et légumes ont vu leur prix s’envoler. La tomate sous serre en est l’exemple le plus frappant : passée sous la barre des 1,50 € en début d’année, elle dépasse désormais les 7 €/kg sur certains marchés. En mai, certains produits ont baissé comme la petite tomate de plein champ à 5 €/kg, l’aubergine à 3,80€ et 1,15 € pour la salade Batavia.

Du côté des fruits, les prix sont tout aussi vertigineux. La grosse banane, qui s’était légèrement stabilisée à 4,60 €/kg en avril, bondit à 5,50 € en mai. Le pitaya s’est vendu 7,30 €/kg, et l’orange, 3,05 €/kg. Le chouchou suit une trajectoire inverse : affiché à 3,70 € en avril, il tombe à 1,15 €/kg en mai, en raison d’un pic de production saisonnier.

L’indice des prix à la consommation des produits frais, établi par l’INSEE, reflète cette tension. Après une hausse spectaculaire de +19,09 % en mars, il enregistre encore +7,10 % entre avril et mai. L’indice, basé sur l'année 2015, atteint désormais 210,84, contre 196,86 le mois précédent.

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Cyclones et pénuries

La principale cause de cette flambée est climatique. Début 2024, le cyclone Belal avait déjà mis à mal les productions maraîchères sous serre. Fin février, c’est le cyclone Garance qui a aggravé la situation, détruisant jusqu’à 90 % de certaines exploitations. Au total, la production locale aurait chuté de 35 %, vidant les étals de produits frais et alimentant une hausse généralisée.

Face à la pénurie, les importations ont été renforcées : +12 % pour les fruits, +36 % pour les pommes de terre. Mais cette solution reste coûteuse. Non seulement les produits venus de l’extérieur représentent environ 60 % des volumes consommés sur l’île, mais ils sont aussi frappés par l’octroi de mer.

Pour les consommateurs, le quotidien devient plus difficile. À La Réunion, où le taux de pauvreté dépasse les 36 %, le coût de l’alimentation est déjà 37 % plus élevé qu’en métropole. Beaucoup réduisent leur consommation de fruits et légumes frais, optant pour des surgelés ou des conserves. Certains restaurateurs affirment même avoir changé leurs menus ou renoncé aux fruits de saison pour les enfants.

Une situation qui devrait perdurer tant que la production locale ne sera pas rétablie. D’après la DAAF, les importations de légumes frais ont atteint 1.293 tonnes sur le premier trimestre 2025. En 2024, près de 9.000 tonnes avaient été importées, notamment depuis Madagascar (29%), l’Inde (23%), la Chine (16%) et le Pakistan (12%).

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Etiquettes : Alimentation | Prix

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