Fraude électorale à Saint-Pierre : le procès de Béatrice Sigismeau et cinq autres prévenus renvoyé à la fin de l'année

Six personnes, dont la conseillère départementale Béatrice Sigismeau, étaient convoquées devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce jeudi 19 juin, dans le cadre d’une affaire de fraude électorale présumée liée aux élections départementales de 2021. Un procès qui a finalement été renvoyé à la fin de l'année.
C'est par des bruits de couloir que certains avocats ont appris que les débats sur l'affaire de fraude électorale présumée ne se dérouleraient pas puisqu'il s'agissait en réalité d'une audience relais. Le prochain rendez-vous fixé avec la justice pour l'élue Béatrice Sigismeau et cinq autres prévenus se tiendra donc le 9 décembre prochain.
En juin 2023, votre site Zinfos974 révélait l’ouverture d’une enquête portant sur des procurations irrégulières, soupçonnées d’avoir favorisé la victoire du binôme Sigismeau-Potin (7316 voix soit 62,66% des suffrages exprimés) face aux candidats écologistes Graziella Yen-Seng et Adolphe Boyer, qui avaient obtenu 4 360 voix.
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Les investigations ont mis en cause un médecin généraliste installé à la Ligne Paradis, réputé proche de l’ancien maire de Saint-Pierre. Ce dernier aurait rédigé des certificats médicaux de complaisance, sans consulter les patients concernés, permettant ainsi l’émission de procurations fictives. Plusieurs agents proches de la mairie sont soupçonnés d’avoir ensuite collecté et utilisé ces procurations pour favoriser le binôme soutenu par le pouvoir municipal.
Des faits qualifiés de "manœuvre frauduleuse"
Lolita Fontaine, veuve de Michel Fontaine, également entendue dans le cadre de cette affaire, n’a finalement pas été renvoyée devant le tribunal correctionnel.
Au terme de l’enquête, Béatrice Sigismeau et les agents communaux concernés sont poursuivis pour "manœuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier d’un vote par procuration". Le médecin devra quant à lui répondre de l’établissement de certificats inexacts.
Un climat de suspicion récurrent
Ce n’est pas la première fois que des soupçons de pratiques électorales irrégulières émergent à Saint-Pierre. Dès 2015, Jean-Gaël Anda, ancien membre de la majorité municipale, avait déposé plainte pour dénoncer l’usage de procurations irrégulières. La plainte avait été classée sans suite. Aujourd'hui, l'élu de l'opposition s'est constitué partie civile.
En 2019, lors des élections européennes, les résultats exceptionnels du candidat LR Xavier Bellamy à Saint-Pierre – 3 603 voix, soit près d’un tiers des suffrages obtenus à La Réunion – avaient suscité l’étonnement. Une vidéo révélée par Médiapart avait relancé les soupçons en montrant une tentative de bourrage d’urne. L’affaire avait conduit à la comparution de l’élue Patricia Tayllamin et de quatre agents municipaux. Si le président et l’assesseur du bureau de vote avaient été reconnus coupables, Patricia Tayllamin et ses deux filles avaient été relaxées.
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