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François Bayrou sous pression après les révélations sur l’affaire Bétharram

Ecrit par G.D. – le vendredi 14 février 2025 à 14H11
Photo Pierre Marchal Anakaopress

Les révélations de Mediapart et du Monde mettent en cause François Bayrou dans l’affaire des violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram. Alors qu’il affirme n’avoir jamais été informé, plusieurs témoins affirment le contraire, mettant sous pression le Premier ministre, dont plusieurs enfants ont été scolarisés dans l’établissement.

Les enquêtes de Mediapart et du Monde ont mis en lumière des accusations de violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. François Bayrou, qui a été ministre de l’Éducation nationale et dont les enfants ont été scolarisés dans l’établissement, affirme n’avoir jamais été informé de ces faits. Mais plusieurs témoignages contredisent cette version, laissant planer des doutes sur son rôle et sa connaissance de l’affaire.

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Des violences dénoncées dès les années 1990

L’affaire Bétharram ne date pas d’hier. En 1996, un surveillant est accusé d’avoir violemment frappé un élève, lui perforant le tympan. Le père de la victime affirme avoir alerté François Bayrou, alors ministre de l’Éducation nationale, qui avait un fils scolarisé dans la même classe. Pourtant, le Premier ministre assure aujourd’hui n’avoir jamais été informé.

Or, à l’époque, la presse locale et nationale relaient largement l’affaire. Un reportage de France 2 évoque même la possibilité que le ministre demande des comptes à l’établissement. Un article de Sud Ouest montre que François Bayrou s’était exprimé sur le sujet, défendant l’institution. Face à ces éléments, l’actuel chef du gouvernement parle aujourd’hui d’une “malinterprétation” de ses propos.

Des alertes restées sans réponse

En plus de cette première affaire, d’anciens membres de l’établissement affirment avoir alerté François Bayrou sur des violences systémiques. Françoise Gullung, professeure de mathématiques entre 1994 et 1996, raconte avoir entendu des cris et des coups dans une salle de classe. Elle aurait même alerté l’épouse de François Bayrou, qui enseignait le catéchisme dans l’école.

L’enseignante assure aussi avoir évoqué ces violences directement avec François Bayrou, qui aurait minimisé la situation en expliquant qu’elle exagérait sans doute un peu. Malgré des tentatives d’alerte auprès du conseil départemental, elle raconte avoir été convoquée par la direction diocésaine qui lui aurait conseillé de se taire ou de partir.

De son côté, Thierry Sagardoytho, avocat de plusieurs victimes, confirme que ces violences étaient de notoriété publique. Il parle d’un établissement où les élèves subissaient des châtiments corporels et des humiliations dans le cadre de la “discipline éducative” imposée par les prêtres et les surveillants.

Des accusations plus graves encore

Si les violences physiques étaient connues, des faits encore plus graves ont émergé dans les années 2000. Plus de 70 plaintes pour agressions sexuelles et viols ont été déposées contre des membres de l’encadrement de l’établissement. Parmi les accusés figure Pierre Silviet-Carricart, ancien directeur de l’école, mis en examen en 1998 pour viol avant d’être retrouvé mort à Rome en 2000.

François Bayrou affirme ne pas avoir connu ce prêtre et ne jamais avoir entendu parler de cette affaire. Mais un ancien plaignant affirme que le religieux était un proche de la famille Bayrou. Un autre élément contredit la version du Premier ministre : le juge d’instruction de l’époque affirme que François Bayrou lui a rendu visite pour évoquer le dossier, cherchant à savoir si ses propres enfants étaient concernés.

Un silence qui dérange

Le Premier ministre continue de nier toute implication ou connaissance des faits. Pourtant, en mars 2024, un ancien élève, Jean-Marie Delbos, lui a envoyé une lettre avec accusé de réception, détaillant les violences sexuelles qu’il avait subies dans l’établissement. Il affirme que François Bayrou ne peut plus dire qu’il ignorait tout, puisqu’il a bien signé l’accusé de réception de ce courrier.

La gauche et plusieurs députés demandent aujourd’hui la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur le rôle de François Bayrou dans cette affaire. De son côté, le Premier ministre annonce vouloir porter plainte pour diffamation contre Mediapart, mais la plainte n’a toujours pas été déposée.

Pendant ce temps, l’enquête judiciaire suit son cours, et de nouvelles victimes continuent de se manifester. Pour l’instant, François Bayrou reste en poste, mais son silence prolongé pourrait bien fragiliser son avenir politique.

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