Financement des syndicats : Le rapport explosif caché

Le rapport Perruchot, du nom du député du Nouveau Centre rapporteur de la commission d'enquête, visait à faire la lumière sur les finances encore très opaques des syndicats, tant ouvriers que patronaux. En 2007, lorsque Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher propose la création d'une commission d'enquête, l'accueil est froid. Mais en 2010, le Nouveau Centre utilise le "droit de tirage", qui autorise chaque groupe parlementaire à réclamer la création d'une commission d'enquête pour rouvrir le débat.
Commission d'enquête accordée, le rapport est rédigé. Mais en novembre dernier, le travail du député est finalement enterré.
Sur les trente membres de la commission, seuls neuf participent au vote. Deux centristes votent pour, trois socialistes contre et quatre élus UMP s'abstiennent. Le rapport Perruchot, puisqu'il n'a pas été adopté, ne sera pas publié, fait rarissime pour la Ve République. Officiellement, il ne pourra être publié que dans trente ans mais [LePoint.fr ]urlblank:http://www.lepoint.fr/ a réussi à publier hier ce rapport dans son intégralité sur son site internet.
Décortiqué par les journalistes du Point, le rapport souligne que "les syndicats patronaux, en dépit de leur opulence, "tapent" dans les fonds des organismes paritaires (Sécurité sociale, Unedic, formation...)". De leur côté, "les syndicats ouvriers vivent aux crochets de l'État et des organismes paritaires". "Le syndicat agricole dominant, la FNSEA, a un art éprouvé pour confondre fonds publics et militantisme", sont quelques extraits de ce rapport qui brise le silence sur le financement des syndicats en France.
"À base de combines et de faux-semblants, l'État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose. La France compte 8 % de syndiqués et huit grands syndicats". Ces mêmes syndicats "qui ne courent pas derrière les militants et leurs cotisations tellement il est plus facile d'actionner d'autres pompes à fric parmi lesquelles les comités d'entreprise des sociétés publiques" poursuit l'analyse.
Le cas de la France est unique en Europe. Dans les autres pays, la quasi intégralité du financement des organisations syndicales repose sur les cotisations de ses adhérents, souligne le rapport.


