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Feux d’artifice et déchets marins : l’alerte de l'Association citoyenne de Saint-Pierre

Ecrit par N.P. – le vendredi 18 juillet 2025 à 15H28

L’Association citoyenne de Saint-Pierre appelle les maires de La Réunion à renoncer aux feux d’artifice tirés en bord d’océan. Elle pointe du doigt une pollution directe du lagon et interroge la cohérence de ces dépenses publiques à l’heure de la crise climatique.

Des morceaux de carton, de fil, d’aluminium, pris dans les coraux ou ensablés au gré des courants : ce sont les “dessous du feu d’artifice” que l’Association citoyenne de Saint-Pierre dit avoir retrouvés dans le lagon après le spectacle pyrotechnique du 13 juillet. Des images sous-marines, réalisées par l’un de ses membres, montrent ces déchets au milieu des poissons tropicaux.

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« Le lagon, ce n’est pas une poubelle », s’indigne l’association, qui dénonce une pollution directe de cet espace de biodiversité, à la fois fragile et vital pour la population locale. Elle interpelle la mairie de Saint-Pierre, organisatrice du feu, et estime que les élus doivent désormais “assumer l’enlèvement des déchets qu’ils ont contribué à produire”.

Un appel à tourner la page des feux côtiers

Au-delà du cas de Saint-Pierre, l’association élargit son message à l’ensemble des communes réunionnaises qui tirent des feux sur le littoral, comme Saint-Paul ou Saint-Denis. « Même beaux et populaires, ces spectacles ne sont plus acceptables dans le contexte actuel », estime-t-elle, citant les émissions de gaz à effet de serre, les particules fines nocives pour la santé, et les résidus physiques qui se retrouvent dans l’eau.

« Il est temps d’évoluer », insiste-t-elle, rappelant que le coût de ces feux est supporté par de l’argent public, dans un pays frappé par une dette colossale. L’association appelle donc les maires à une concertation pour adopter une position commune : cesser de tirer des feux d’artifice en bord de mer.

La préservation du lagon comme priorité

Enfin, l’association oppose la défense du lagon à certaines politiques jugées trop tournées vers le tourisme événementiel, notamment l’observation des baleines. « La priorité marine d’utilité publique, c’est la préservation de notre écosystème corallien, accessible gratuitement à tous, et non une baleine de passage devenue objet de business », tacle-t-elle.

Estimant que les élus doivent désormais faire preuve de cohérence entre leurs engagements écologiques et leurs actes, l’Association citoyenne de Saint-Pierre plaide pour que le sacrifice d’un feu d’artifice soit considéré comme un acte de responsabilité. « On peut parfaitement célébrer sans polluer », conclut-elle.

Au lendemain de cette alerte, l'association s'indigne dans une nouvelle publication de déchets trouvés sur la plage. "Six jours après son feu d'artifice, Saint-Pierre préfère instituer artificiellement la 'fête à la baleine' de passage (qui ne passe pas cette année ..., ce que nous avions prévu, comme quoi ...) plutôt que de nettoyer notre trésor marin pollué !!! C'est véritablement honteux", s'indigne-t-elle encore.

Photo : Gaëtan Hoarau -Association Citoyenne de Saint-Pierre
Etiquettes : Déchets | Feux d'artifice | Lagon

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