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Fèt Kaf : Saint-Benoît rend hommage à Cécilia, fille de l’esclave Janvier

Ecrit par N.P. – le dimanche 21 décembre 2025 à 15H32
L'hommage a été rendu ce samedi 20 décembre au cimetière de la ville (photos Mairie de Saint-Benoît).

À l’occasion de la fête du 20 décembre, la ville de Saint-Benoît a rendu hommage ce samedi matin à Cécilia, fille de l’esclave Janvier. La cérémonie s’est déroulée au cimetière communal, autour de la stèle dédiée à cette figure emblématique de l’histoire locale, en présence d’élus, d’historiens et de représentants associatifs.

Organisé chaque année par la municipalité, en collaboration avec l’Association Historique Internationale de l’Océan Indien et l’historien Prosper Ève, cet hommage s’inscrit dans le cadre des commémorations de l’abolition de l’esclavage à La Réunion. À travers la mémoire de Cécilia, la ville entend rappeler le destin collectif des femmes et des hommes réduits en esclavage.

Un cimetière marqué par l’anonymat et l’oubli

Un panneau mémoriel installé à proximité de la stèle rappelle que des esclaves ont été enterrés dans ce cimetière sans nom, sans sépulture individuelle digne et sans reconnaissance. Le texte indique que ces femmes et ces hommes, longtemps absents de la mémoire collective, ont pourtant contribué par leur travail à la construction de la société réunionnaise.

Le texte souligne également que ce cimetière témoigne de l’existence de personnes privées de liberté, de reconnaissance et de dignité, et rappelle la responsabilité des générations actuelles et futures dans la préservation de ces lieux de mémoire et dans la transmission de cette part essentielle de l’histoire locale.

« Reconnaître la souffrance, la résilience et la dignité »

Dans son discours, le maire de Saint-Benoît, Patrice Selly, a souligné la portée symbolique de cet hommage.
« Il ne s’agit pas seulement de se souvenir d’une femme, mais de reconnaître la souffrance, la résilience et la dignité de tous les esclaves qui ont été privés de leur liberté, de leur identité et de leur humanité », a-t-il déclaré .

La transmission au cœur du devoir de mémoire

Le maire a également insisté sur l’importance de transmettre cette histoire aux nouvelles générations.
« La mémoire est un bien précieux ; elle est le fil qui nous relie à nos ancêtres et qui guide nos pas vers l’avenir », a-t-il affirmé, appelant à faire de ce passé un héritage vivant .

Un message relayé par la Ville

Dans un message publié sur sa page Facebook à l’issue de la cérémonie, la Ville de Saint-Benoît a rappelé le sens de cet hommage :
« À travers elle, c’est la souffrance, la résilience et la dignité de tous les esclaves que nous honorons. Notre devoir de mémoire est essentiel : il nous relie à nos ancêtres et éclaire le chemin des nouvelles générations. »
La publication se conclut par un appel à la préservation et à la transmission de cet héritage commun, dans l’esprit de la Fèt Kaf.

Une stèle pour rappeler l’humanité des esclaves

La stèle commémorative porte un texte rappelant la condition des esclaves, leur errance et leur souffrance, tout en affirmant leur humanité, indiquant qu’« ils furent esclaves mais demeurent hommes ». Un message en résonance directe avec le contenu du panneau explicatif et avec l’esprit du 20 décembre, célébré à La Réunion comme la fête de la liberté.

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