Faut-il remplacer l'ARS par des bons d'achat ?

Cette année encore, le député UMP de l'Oise, Edouard Courtial, renouvèle sa proposition de loi qui suggère de remplacer l'ARS (Allocation rentrée scolaire) par des bons d'achat. Il soupçonne certains bénéficiaires d'attendre son versement pour "s'acheter un téléviseur ou effectuer d'autres dépenses qui n'ont rien à voir avec l'école".
Cette proposition est rejetée par Nadine Morano, secrétaire d'État à la famille, qui se base sur une enquête datant de 2002 effectuée par la Caisse national d'allocations familiales : "Neuf allocataires sur dix utilisent l'ARS pour deux postes de dépenses principaux : l'achat de matériels scolaires, l'achat de vêtements pour la rentrée. Viennent ensuite le paiement des frais de cantine, de transport ou d'assurance scolaire et l'achat d'articles de loisirs ou de sport pour l'enfant", a-t-elle expliqué ce lundi 16 août sur RMC.
"Il ne faut pas généraliser le problème"
Pour Claude Guezello, président de la PEEP (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public), "il ne faut pas généraliser le problème". Selon lui, la majorité des parents "fait le maximum pour équiper les enfants en effets scolaires et en vêtements". Il propose que l'on se mette autour d'une table pour "trouver des outils de vérification" sur l'utilisation à bon escient de cette prestation.
L'idée de mettre en place un système de bons d'achat "obligerait les parents à partir chez un même fournisseur. Il ne faut pas non plus enlever la prérogative aux parents de gérer le budget de la famille". Il propose plutôt la mise en place d'un "accompagnement" des familles qui ont du mal à suivre la liste des effets scolaires.
"Une source de revenus non-négligeable pour les familles nombreuses"
"Cette allocation permet aux familles d'améliorer l'ordinaire du quotidien", indique Marie-Georges Payet, président de l'APELC (Association des parents d'élèves des lycées et collèges de Saint-Paul). "C'est une source de revenus non-négligeable pour les familles qui ont trois enfants et plus", indique-t-il. "On doit rester à la méthode de versement sous forme d'aide financière. La plupart des familles sont responsables. Attribuer des bons d'achat s'apparente à une forme de flicage et c'est ce qui ne me plait pas".
"C'est du bon sens que de proposer des bons d'achat pour les effets scolaires"
Mais du côté des professeurs, certains se positionnent en faveur de cette proposition. "C'est du bon sens que de proposer des bons d'achat pour les effets scolaires. C'est malheureux à voir, mais il y a des enfants qui arrivent au collège avec des habits de marque et des baskets derniers cris", indique Jérôme Motet, membre du Snalc et professeur de collège, qui par ailleurs montre du doigt la société de consommation. "Dans ces cas l'ARS est au profit du commerce. Mais ce n'est pas ça qui va contribuer à la réussite de nos jeunes". Il ajoute être "pour une tenue discrète afin que tous les élèves soient sur un même pied d'égalité à l'école, ce qui décomplexerait les élèves de milieux défavorisés".



