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Europe et civilisation

Ecrit par François-Michel Maugis – le samedi 24 janvier 2026 à 18H22

- courrier des lecteurs -

(Reprise d’un article très visionnaire de notre Think-tank, écrit en 2002)

Dans la campagne présidentielle de 2002, il était assez peu question de l’Europe. Et pourtant !

Comme l’ile de La Réunion mais à une autre échelle, l’Europe est un magnifique laboratoire qui prépare le monde de demain. L’obligation qui est faite à des cultures et des peuples très différents de cohabiter sur un même territoire, préfigure les problèmes plus globaux de l’occupation de la planète tout entière par l’espèce humaine.

C’est en effet en Europe plus qu’ailleurs que la diversité l’emporte sur la monoculture ou la pensée unique des grandes puissances que sont les USA, la Russie et la Chine. Parmi les problèmes graves qui menacent directement ou indirectement l’avenir de l’homme, il y a les fameux concepts du travail et de l’égalité.

  • Faut-il gérer ou manager la planète pour le bien de tous ou pour le bien de certains seulement ?
  • Faut-il parier sur le bonheur et l’épanouissement de tous les hommes ou faut-il continuer d’accepter que certains souffrent un peu plus pour que d’autres souffrent un peu moins ?

Il est vrai que notre belle planète bleue n’est encore dirigée par personne. Il est vrai que nous subissons tous l’héritage de l’histoire qui n’a pas encore supprimé la barbarie et l’esclavage. Il est vrai que l’art de vivre des hommes n’est encore que le résultat de compromis et d’accords entre nations. Mais cette façon de voir les choses évolue très vite. Il est déjà question d’envisager une gouvernance mondiale. Et dans le creuset qui donnera naissance à une culture et une morale universelle, la place de l’Europe sera considérable.

Il est donc temps de réfléchir à ce que sera le citoyen du monde de demain. Il est temps de réaliser que le concept d’exploitation de l’homme par l’homme ne peut subsister qu’au niveau d’une organisation tribale ou constituée de nations différentes et inégales. La paix et l’unité sur la planète tout entière ne peuvent se concevoir sans l’éradication complète de ce concept d’exploitation des uns par les autres. On peut bien sûr refuser cette idée mais à ce moment-là il faut en accepter une autre : C’est que le monde ne pourra jamais vivre en paix.

Il en va des contrats entre nations comme des contrats entre les hommes. Il ne doit pas y avoir de tromperie. Les deux parties doivent y trouver leur compte. Dans le cas contraire, les tensions et à terme, la rupture du contrat sont inévitables. En France et au-delà de la discussion sur le droit de licencier un salarié, il va falloir légiférer sur le concept même du contrat de travail. Cette réflexion qui devra être européenne avant d’être mondiale, sera moins anodine qu’il n’y parait, tant il est vrai qu’au travers d’elle, c’est le concept même de relation entre les hommes dont il sera question :

                « Même si je le paye, ai-je tous les droits sur un autre être humain ? »

Coincée entre la décentralisation vers ses départements ou ses régions et la centralisation vers Bruxelles, l’Europe existe-t-elle vraiment ? Et si tel est le cas, a-t-elle aujourd’hui la capacité d’affronter un tel débat ?

Les Anglais, comme les principaux dissidents européens s’opposent en particulier sur ce que l’on appelle aujourd’hui pudiquement « les normes ou la modernisation sociale » Derrière ces termes abscons il y a, il ne faut pas l’oublier, la définition de l’être humain. Il y a aussi l’aboutissement de plusieurs milliers d’années de civilisation…   …   Et le dérapage des priorités humaines qui semble prioriser l’économie et la finance, au détriment de l’humain, n’est pas de bonne augure.

François-Michel MAUGIS

http://www.assee.fr

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