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Errance animale : “Si on veut que la sensibilisation marche, il faut des personnes à la rencontre de la population »

Véronique cumule 21 ans de bénévolat au sein de la protection animale et est présidente de l'association “La case à chiots- Nés pour vivre !”. Aujourd'hui, elle se dit “prête à mener le combat contre le fléau de l'errance animale avec l'ensemble des bonnes volontés mais avant tout avec les Réunionnais” et surtout sans mâcher ses mots, consciente de la controverse qu'ils pourraient susciter.

Ecrit par P.B. – le lundi 22 janvier 2024 à 11H44

Cette nouvelle année devra être celle “ des bouleversements” et même “de la révolte”, annonce Véronique qui a “pris son courage à deux mains”. Cette secrétaire à la retraite, grande amoureuse des chiens, active au sein de la protection animale depuis plus de 21 ans, a monté son association en avril 2021 pour lutter contre l’errance animale qui gangrène l’île.

“La Case à Chiots -Nés pour vivre ! » a donc pour objectif le sauvetage et la recherche de famille d’accueil, mais souhaite surtout se concentrer sur « la protection et le suivi des chiens et chats expatriés en France hexagonale ». Véronique l’affirme : “il faut arrêter les euthanasies et les départs massifs”. Selon l’enquête « Royal Bourbon, Histoire de chiens à La Réunion », en 2020, environ 5.000 chiens ont été envoyés en Hexagone par avion pour adoption par les associations. “Près de 70 associations dont la plupart venant de la France hexagonale interviennent sur l’île”, compte Véronique. Elles ne feraient que “ vider l’océan non plus à la petite cuillère mais à la passoire. Ici, on travaille à l’envers. C’est à nous de nous organiser et de proposer aux associations de l’Hexagone, dignes de confiance, des animaux à adopter”. D’autant que “la Réunion est un chenil à ciel ouvert qui nourrit des trafics”, assure Véronique. Si bien souvent, les animaux qui désot la mer trouvent un foyer aimant, d’autres sont finalement abattus ou subissent des maltraitances.

Véronique, originaire de l’Est de l’île et installée depuis quelques années au Tampon, le clame sans ambages : “les choses n’avancent pas, au contraire cela empire. Il est l’heure de mettre en lumière l’envers du décor. Le milieu de la protection animale a aussi besoin d’être assaini”. Véronique pointe les associations qui abusent des réseaux sociaux pour “faire pleurer dans les chaumières et profitent de la misère animale et des gens pour les escroquer”.

« Chaque région a ses spécificités, il faut les prendre en compte »

Si ce travail “contre les escrocs qui n’en n’ont rien à faire du bien-être animal” est nécessaire pour la retraitée très active, c’est qu’il permettra, espère-t-elle, de se faire enfin entendre des autorités et des élus. La présidente de « La Case à chiots! » en a « malheureusement fait l’expérience ». À plusieurs reprises, elle a tenté de mettre sur pied des projets dont celui d’un refuge « dans un des nombreux locaux abandonnés des collectivités » ou encore un numéro vert de la cause animale. En vain.

Le plan de lutte contre l’errance animale pourtant reconduit tous les trois ans avec des centaines de milliers d’euros dédiés à la stérilisation, à l’identification et à la communication, montre une efficacité limitée dans les faits. “Si on veut que les campagnes de sensibilisation marchent, il faut des personnes sur le terrain à la rencontre de la population. Il faut savoir comment parler aux gens”, plaide-t-elle. “Je ne fais aucune discrimination, mais à un moment donné, il faut être réaliste. Chaque région a ses spécificités et il faut les prendre en compte”, avance Véronique.

“Monter une association, ce n’est pas rester dans son coin, c’est revendiquer quelque chose”, donne comme sens à son engagement Véronique qui refuse de faire de la maltraitance animale l’apanage des Réunionnais. “Il y a de belles familles adoptantes réunionnaises, de belles initiatives, nous ne sommes pas tous des sauvages ».  L’ancienne secrétaire en appelle donc à la responsabilité de chacun.  « Il faut davantage de petites associations de proximité, arrêter de compter sur les autres et montrer que l’on est capable de faire”.

Pour tenter de nouvelles approches à la protection animale qui demande beaucoup de temps, d’énergie, mais aussi de moyens, Véronique projette notamment de travailler avec une éducatrice spécialisée libérale, Joy Jauffret. Balades, jeux…« même le simple fait de parler aux chiens leur fait plaisir », assure Véronique. Dans un premier temps, un des adolescents dont s’occupe Joy viendra donc tous les 15 jours prendre soin de ses nouveaux amis. Une manière de panser les plaies de chacun, former la jeunesse et pourquoi pas susciter des vocations.

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