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Equipée sauvage dans un rond de cartes : Au jeu du poker menteur, les accusés risquent de tout perdre

Au deuxième jour du procès pour extorsion avec arme, enlèvement et séquestration, la parole a été donnée aux quatre accusés. À l'image de ce qu'il s'est passé la veille, les mis en cause sont revenus sur certaines des déclarations faites lors de leur déposition, ont oublié des détails importants pour minimiser leur implication ou ont vraisemblablement menti par peur des représailles.
Ecrit par I.S. – le jeudi 14 décembre 2023 à 17H09

Pour la deuxième journée de l'audience criminelle où comparaissent Pascal Aboukir, Rudy Ory et Eric Tandrayen assis dans le box des accusés et Jordan Viraye qui comparait libre, chacun a eu longuement la parole et a pu livrer sa version des faits. Juste avant le premier interrogatoire, la présidente de la cour a souhaité faire un recadrage à l'attention du public présent dans la salle. Selon Dorine Trombi, un ou plusieurs jurés auraient fait l'objet d'intimidation à la fin de la journée d'hier.

Hasard ou coïncidence, les témoignages recueillis ce mercredi à la barre ont semblé concertés et insincères. Une petite dizaine de joueurs qui se trouvaient présents dans le rond de cartes de chez Dédé à St-André le jour des faits ont, en effet, soudain perdu la mémoire et, pour la plupart, sont revenus sur les dépositions qu'ils avaient faites au cours de l'enquête.

"J'ai fait de mal à personne", a déclaré Rudy Ory, les muscles sanglés dans une chemise blanche, crâne rasé sur les côtés et natté sur le dessus. Le trentenaire raconte que Pascal Aboukir, malade du cœur, a sollicité son aide ce 4 août 2021 afin de récupérer une dette. "Ça va être chaud", avait commenté le bénédictin, raison pour laquelle Rudy Ory s'était muni de son arme, "un flashball", selon ses dires. Puis l'équipée s'était rendue à St-André, Eric Tandrayen jouant le rôle de chauffeur, et avait fait une entrée plus que remarquée au centre de jeu. "Aboukir était très énervé, décrit un témoin terrorisé par la scène. Il avait un fusil à pompe à la main et son doigt tremblant se trouvait sur la gâchette alors qu'il insultait la victime et que Rudy Ory lui balançait une baffe avant de la trainer dehors".

"Un déroulement normal", selon Rudy Ory qui a tenté de limiter son rôle à cette partie de l'histoire, assurant à la cour que pour la suite, il "n'avait rien entendu des échanges entre la victime et Pascal Aboukir".

Tous s'étaient rendus au garage situé à St-Louis où se trouvait le fameux Dodge appartenant à la victime et dont Pascal Aboukir se serait malhonnêtement emparé afin de se rembourser des 18.000 euros dont il s'estime créditeur. Toujours selon Ory, le voyage cauchemardesque au cours duquel la victime "transie de peur" a décrit les pressions, les menaces avec arme, fût une promenade de santé. Quant à savoir si Pascal Aboukir rencontré fortuitement dans un batay coq était armé, Rudy Ory jure "qu'il n'a rien vu".

"Aboukir, c'est pas quelqu'un à qui on dit non", a indiqué Jordan Viraye interrogé dans la foulée. L'ami intime d'Eric Tendrayen qui passait ses journées au rond de cartes, est soupçonné d'avoir prévenu Pascal Aboukir avec qui il était très en contact, ainsi que l'attestent les investigations téléphoniques, de la présence de la victime le jour des faits. "Vous avez précisé qu'il était 'plein'", ajoute le parquet général qui a semblé convaincu de la complicité de Jordan Viraye. Ce dernier prêtait régulièrement de l'argent aux joueurs du cercle. "Vous prêtiez 1.000 euros et on vous en rendait 1.200", a illustré la présidente de la cour.

Après Eric Tendrayen qui s'est dédouané d'une quelconque responsabilité, c'est au tour de Pascal Aboukir de s'exprimer ce jeudi après-midi.

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