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En sept ans, la facture EDF à La Réunion a pris 66 %… pour la même consommation

Ecrit par J.D. – le jeudi 7 août 2025 à 11H59

Un abonné réunionnais nous a transmis ses factures EDF de ces dernières années. Résultat : pour une consommation quasi identique, sa facture annuelle est passée de 485 euros à plus de 807 euros. Une hausse de 66 %, malgré les récentes annonces gouvernementales sur la baisse des tarifs.

À compter du 1er août 2025, la France s’aligne sur le droit européen et harmonise les taux de TVA sur l’électricité. Ce changement donne lieu à des modifications de calcul sur les factures d’électricité afin de stabiliser les tarifs réglementés, indique la Commission de régulation de l’énergie.

À La Réunion, comme ailleurs en France, l’électricité coûte de plus en plus cher. Mais ce qui frappe dans l’exemple de ce client résidentiel, resté fidèle au tarif bleu réglementé d’EDF avec une puissance de 6 kVA, c’est la stabilité de sa consommation : autour de 2.700 à 2.800 kWh par an, entre 2018 et 2025. Et pourtant, sa facture annuelle est passée de 485,36 euros à 807,90 euros. Une augmentation de 322 euros, soit 66 % de plus. Une hausse difficilement compréhensible pour l’abonné qui nous a confié ses documents pour y voir plus clair.

Une baisse des factures promise par l'Etat mais qui ne se voit pas

Le 28 décembre 2024, un arrêté ministériel permettait une baisse moyenne de 14 % des tarifs réglementés, une décision prise en urgence après avoir renoncé à « augmenter les taxes sur l’électricité dans le projet de loi de finances 2025 ». « Cela permettra une baisse des prix de l’électricité de 14 %, qui ira donc bien au-delà de la baisse de 9 % prévue initialement », promettait le Premier ministre Michel Barnier le 28 novembre. Cette ultime concession n’aura pas suffi à éviter la censure de son gouvernement, tombé quelques jours plus tard. Sur le terrain, cette baisse affichée reste pourtant invisible sur les factures.

Lire aussi : Électricité : une baisse attendue de 14 % des tarifs réglementés en février

Les relevés comparés montrent bien que les barèmes heures pleines et heures creuses ont été abaissés début 2025. Mais en parallèle, d’autres lignes ont grimpé : les taxes, l’abonnement, les contributions diverses. L’accise sur l’électricité a remplacé la CSPE (contribution au service public de l'électricité) à un niveau bien plus élevé, atteignant 29,98 €/MWh. Le tarif d’acheminement (TURPE) a été revalorisé deux fois en moins de deux ans. Et la TVA, bien qu’inchangée à La Réunion (8,5 % pour la consommation, 2,1 % sur la part fixe), s’applique désormais à des montants HT nettement plus élevés.

Le tableau suivant, issu des cinq factures annuelles de l’abonné entre 2018 et 2025, résume cette hausse :

Hausse des impayés de 24% par rapport à 2023

Au final, la baisse du tarif du kilowattheure ne compense pas la hausse généralisée de tout le reste. Le client paie plus cher, non pas parce qu’il consomme davantage, mais parce que la structure tarifaire a changé. Et il n’est pas seul dans ce cas.

En 2024, selon le Médiateur national de l’énergie, plus de 1,2 million d’interventions pour impayés ont été réalisées en France, dont 937.000 limitations de puissance en électricité et 203.000 coupures pures et simples. C’est une hausse de 24 % par rapport à 2023. Et dans son baromètre publié en novembre, 85 % des foyers interrogés se disaient préoccupés par le montant de leurs factures. Des chiffres qui montrent que, malgré tous les efforts d’économies, la facture énergétique devient une charge de plus en plus insoutenable.

À La Réunion, la production plus chère compensée par la péréquation

À La Réunion, la péréquation tarifaire permet aux abonnés de payer le même tarif réglementé que les consommateurs de métropole, alors même que le coût de production est beaucoup plus élevé dans l’île. Produire de l'électricité revient donc sensiblement plus cher outre-mer que dans l'hexagone. "Un niveau entre quatre et cinq fois supérieur à celui de la France continentale (...) Ces coûts varient fortement d'un territoire à l'autre en fonction des caractéristiques du mix énergétique et du réseau", rappelait en 2024 le Sénat dans un rapport. Ce mécanisme, financé par l’État, représente plus de 2 milliards d’euros par an.

Etiquettes : EDF | Vie chère

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