Eau en Outre-mer : des recommandations sénatoriales pour sortir de l'impasse

Un rapport sénatorial pointe les failles persistantes dans la gestion de l'eau en Outre-mer et propose plusieurs solutions pour améliorer la situation. Des recommandations qui font écho aux constats préoccupants de la Cour des comptes.
Le rapport provisoire rédigé et publié la semaine dernière par les sénateurs Georges Patient (Guyane) et Stéphane Fouassin (La Réunion) dresse un tableau préoccupant de la gestion de l'eau potable et de l'assainissement en Outre-mer. S'appuyant notamment sur les observations récentes de la Cour des comptes, ce document met en lumière des lacunes structurelles et propose une série de recommandations pour améliorer la situation.
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Revoir les procédures administratives
Les rapporteurs insistent sur la nécessité d'adapter les procédures administratives aux contraintes spécifiques des territoires ultramarins. Mayotte, La Réunion, la Guadeloupe ou encore Saint-Martin font face à des réalités géographiques et climatiques complexes qui rendent difficile l'application stricte des normes nationales et européennes. Ils préconisent ainsi une plus grande souplesse pour permettre aux collectivités d'agir efficacement.
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Le rapport met également en avant la question des impayés, qui pèse lourdement sur les finances des collectivités. En Guadeloupe, le taux d'impayés atteint 31 %, contre seulement 2 % en métropole. Les sénateurs recommandent d'intégrer dans le plan eau-DOM un volet spécifique consacré à la gestion de ces impayés, afin d'améliorer le recouvrement des factures et d'assurer un autofinancement plus stable des services de gestion de l'eau.
Des moyens financiers insuffisants
Sur le plan des investissements, les sénateurs soulignent que les moyens engagés restent insuffisants face à l'ampleur des besoins. À La Réunion, près de 688 millions d'euros sont nécessaires pour moderniser les infrastructures, tandis que les crédits réellement mobilisés peinent à atteindre les objectifs. En cause : des procédures administratives complexes et un manque d'ingénierie technique au sein des collectivités. Le rapport recommande donc de renforcer l'accompagnement technique et juridique des collectivités pour les aider à mieux encadrer les entreprises délégataires, souvent en situation de monopole.
Les sénateurs plaident enfin pour une simplification des feuilles de route du plan eau-DOM, en les recentrant sur les besoins réels des populations en matière d'eau potable et d'assainissement. Ce point rejoint les critiques formulées par la Cour des comptes, qui dénonce une application trop lâche du principe de conditionnalité des financements, souvent accordés sans véritable contrôle des résultats.


