Dromadaires à La Réunion : Le visage d'une fillette porte toujours les séquelles de morsures

Les animaux sont accessibles et Marie s’approche d’une femelle dromadaire pour la caresser. C’est alors qu’elle se fait happer par un mâle dromadaire. Celui-ci la soulève par la tête, lui mordant la joue et la nuque. “L’animal l’a soulevée de terre et l’a secouée”, rapporte sa mère.
L’enfant est récupérée dans la gueule du dromadaire par son père qui réussit à l’attraper par les jambes, avant d’être prise en charge par les secours. La fillette souffre d’une blessure au visage et au niveau du cou.
Plus d'un an plus tard, les cicatrices subsistent : “Elle porte un traumatisme et ses cicatrices au visage sont encore visibles aujourd’hui. Ça aurait pu être évité et ça aurait pu être pire. Si elle avait été touchée à la jugulaire, je perdais ma fille. Le lendemain matin, au réveil, elle m’a dit : maman, tu te rends compte ? Heureusement que ce n'était pas mon œil, sinon je l'aurais perdu”, confie la mère.
Le cas de Marie ne serait pas isolé. Selon la mère de la jeune victime, plusieurs attaques antérieures liées à ce même dromadaire auraient eu lieu et l’animal serait toujours présent à la ferme, bien qu’isolé du groupe. “Ce nouveau dromadaire mâle , provenant d’une autre ferme, avait été mis dans cet enclos avec les autres. Il était en rut à ce moment-là. Il n’y a eu aucun signalement de la part de la direction de la ferme pour alerter sur cet animal ou son comportement. Et ce n'est pas la seule attaque d'enfant ! ”, déplore-t-elle.
Une plainte est déposée début 2022 contre l’établissement. La famille est aujourd'hui dans l’attente d'une suite judiciaire.
"Je n‘ai aucune nouvelle. L’assurance du site n’a rien fait, ni pris de nouvelles. Notre assurance a pris en charge les soins.
Le dromadaire est considéré comme un animal domestique, on n'a pas besoin de certification pour en détenir, et c’est dommage. Ce sont des animaux imposants, il faudrait vraiment qu’ils soient domptés, apprivoisés", estime la mère.
Contacté, le responsable de la ferme pédagogique exprime ses regrets suite à l'accident et assure avoir pris des mesures de sécurité supplémentaires.
Il revient sur les faits : "On avait acheté un dromadaire à la ferme de Sainte-Anne qui venait de baisser le rideau. On a racheté l'animal mais quand il est arrivé, il a changé totalement de comportement. Il a rencontré une femelle et un autre mâle. Il est devenu agressif."
Le responsable de la ferme pédagogique déplore l'accident mais assure avoir respecté les règles en vigueur et la procédure suite à l'accident : "La DAAF est venue, le vétérinaire est venu et a fait des prises de sang pour vérifier s'il avait la rage, notamment".
Des changements ont été opérés suite à l'accident. "On a isolé l'animal et il est d'ailleurs toujours à l'écart. Et on a mis des doubles barrières pour les dromadaires toujours accessibles au public. Les gens peuvent les nourrir mais restent un peu à distance."
Le patron de la ferme pédagogique se dit touché par l'accident qui s'est produit en 2021 et qui a défiguré une enfant : "Nous sommes là pour donner le sourire aux enfants, mais les accidents arrivent malheureusement."


