Didier Dérand : "Tout le monde veut la peau des requins"

Didier Dérand a bouclé en un peu moins de deux heures sa traversée à la nage de 5,4 km entre la Passe de l'Ermitage et les Roches Noires. Parti seul et sans assistance à 10h du matin, il est arrivé sur la plage de Saint-Gilles juste avant midi.
Il s'agissait de la cinquième traversée de ce genre pour le délégué de la Fondation Brigitte Bardot à la Réunion, qui en avait effectué quatre en 2012. Son but reste le même : démontrer que le risque requin à la Réunion est limité (d'après lui, il ne concerne que les "surfeurs avec une planche", ndlr) et que les squales ne sont pas dangereux pour les baigneurs.
"Tout le monde veut la peau des requins"
A son arrivée aux Roches-Noires, Didier Dérand a été interpellé par un bodyboardeur en colère qui lui a tendu sa planche et lui a proposé de recommencer la traversée avec.
Pour le moment, aucune autre traversée n'est prévue par le pharmacien de 55 ans. En tous cas, pas au mois de mai. Mais il n'exclut rien. "J'aimerais qu'on laisse les requins tranquilles. Je me battrai tant que je le jugerai nécessaire. Personne ne se bat pour les requins à la Réunion. Je dirai même, tout le monde veut la peau des requins."
Sa traversée, il ne la perçoit pas comme une provocation. D'après lui, "la provocation, c'est de faire de la propagande en disant que le prochain qui sera attaqué par un requin sera un baigneur", indique-t-il.
Pour Didier Dérand, la réseve marine n'est pas le garde manger pour les requins que dénoncent les surfeurs "C'est de l'intox", dit-il. Pendant son parcours, il dit n'avoir croisé que deux tortues marines et quelques poissons.
Un recours contre l'arrêté municipal de Thierry Robert
Désormais, Didier Dérand envisage de faire un nouveau recours judiciaire contre l'arrêté municipal qu'a pris Thierry Robert, en plus de celui qu'ont entrepris de faire les trois associations Sea Shepherd, l'Aspas et Longitude 181 . "On a un député-maire qui se croit au dessus des lois et qui veut liquider cinquante requins. La Réunion est au milieu de l'Océan Indien, s'il tue 50 requins, un 51è viendra. La nature n'aime pas le vide. Est-ce que les surfeurs de Saint-Leu se sentiront plus en sécurité après ça ? On voit bien que les municipales sont dans un an", s'insurge-t-il.
Didier Dérand se dit même prêt à s'adresser "au président de la République s'il le faut". Le délégué de la Fondation Brigitte Bardot semble déterminé coûte que coûte a "défendre les requins" .


