Département : Monique Orphé veut "plus que des ambitions"

"Autant nous sommes d'accord sur les ambitions portées par le Département notamment sur la question de l'urgence sociale, autant je trouve que les moyens déployés ne sont pas à la hauteur de la situation pour lutter contre la pauvreté à La Réunion", lance la conseillère départementale.
Pour Monique Orphé, le Département, en tant que chef de file de la compétence sociale, se doit d'être au plus près de la population en déployant plus d'accompagnants sociaux pour "aller vers". "Les caravanes citoyennes c'est bien mais mettre en plus de l'humain pour aller au contact de ces populations et mieux les accompagner, je pense que ce sera plus profitable pour les sortir de la précarité. Faire des caravanes ou des forums sur l'action sociale c'est bien, mais cela ne va régler les problèmes rencontrés par ces personnes". Toujours dans le domaine de l'accompagnement social, Monique Orphé souhaite voir la collectivité départementale "prendre réellement" à bras-le-corps la question du logement des seniors, "dont certains attendent plus de 5 ans pour obtenir une réhabilitation... quand les dossiers sortent". "Enfin pour accompagner les familles fragiles, il y a des mesures à prendre pour les aider à lutter contre la précarité comme la cantine gratuite au collège comme dans certaines communes. Quand on prend sur la bourse pour aller manger, c'est autant d'argent qu'on prive à ces jeunes qui sont dans des familles précaires. Je sais que ça a un coût mais on peut le faire par tranche sur plusieurs années".
Monique Orphé veut un "bilan chiffré"
L'ancienne parlementaire attend par ailleurs de la collectivité départementale une révision de son Plan départemental d'insertion (PDI),. Selon elle, les résultats "sont loin d'être à la hauteur". "Ce PDI comporte 43.000 mesures d'accompagnement vers l'emploi mais combien de personnes qui sont au RSA sont sorties de la précarité et ont retrouvé un emploi ? Aussi bien sur ce PDI que sur les différentes caravanes lancées, nous devons avoir un bilan chiffré", martèle l'élue dionysienne.
Enfin, Monique Orphé demande à Cyrille Melchior, "qui a l'écoute du gouvernement", de "taper du poing sur la table" concernant le désengagement de l'État dans plusieurs domaines. "Il y a un désengagement de l'État, notamment sur l'APA (allocation personnalisée d'autonomie). Avec le vieillissement de la population, il y a un reste à charge qui n'est pas compensé par l'État mais par le Département. C'est autant d'argent qu'on ne peut pas investir ailleurs". Elle ajoute, pour conclure : "Sur le Ségur, ça a un coût et on l'a vu pour le CHU, ce n'est pas compensé par l'État. Et quand on nous donne un chèque, par exemple pour le handicap, ce n'est pas un cadeau que nous demandons fait mais un rattrapage qui doit être fait".


