Déjà condamné à 8 ans de prison, il reprend 18 mois pour des violences à Domenjod

Déjà condamné à 8 ans de réclusion, Willy M. comparaissait ce vendredi 8 août pour des violences sur deux détenus survenues dans la prison de Domenjod.
L’audience est un peu particulière : les deux victimes sont dans un box de la salle d’audience. Et pour cause, les faits qui intéressent aujourd’hui le tribunal se sont déroulés dans l’enceinte de la prison de Domenjod. Willy M. n’est pas un détenu agressif habituellement. Au contraire, il fait preuve d’une certaine politesse. Son calme apparent tranche radicalement avec les faits qui lui sont reprochés.
Le 9 juillet dernier, le matin, il est soupçonné d’avoir attaqué l’un de ses codétenus avec une arme artisanale : un bout de miroir auquel il a fixé trois lames de rasoir. Comme le décrivent les témoins, Willy M. fonce sur sa victime, Jordan*, pour l’agresser. Fort heureusement, les autres détenus interviennent et parviennent à maîtriser Willy M. avant qu’un drame ne se joue. Or, celui qui l’a ceinturé, Olivier*, se retrouve blessé profondément au bras pendant l’altercation.
La peur de passer pour « un faible »
Ainsi, celui qui était originellement visé par l’attaque et l’autre, blessé au bras, se retrouvent au tribunal en tant que victimes. Après avoir rappelé les faits, Willy M. assume totalement et reconnaît ce qu’on lui reproche.
Quand on l’interroge sur ses motivations, l’homme parle de multiples provocations. Jordan aurait eu une altercation avec son neveu pour une histoire de lunettes cassées et Willy M. invitant son neveu à ne pas le rembourser. La victime aurait alors proféré plusieurs provocations à son égard, l’invitant à venir se battre.
Willy M. réfléchit et mûrit son projet. Il fabrique son arme artisanale pour prendre de vitesse son codétenu. La suite, on la connaît : il va tenter de l’agresser. Quand la présidente lui demande pourquoi il n’a pas signalé au gardien que Jordan le provoquait pour se battre, Willy M. explique : « On ne peut pas en parler aux surveillants… Sinon on passe pour un faible ».
18 mois de prison supplémentaires
Dans le box des victimes, Jordan se montre assez impatient durant l'audience. Plusieurs fois, il est rappelé à l’ordre par la présidente. Lorsqu’il est interrogé, l’homme explique qu’il ne voulait pas vraiment se battre avec lui. En dédommagement, il demande 30 000 euros.
Olivier, lui, ayant écopé de trois jours d’ITT et de plus d’une vingtaine de points de suture, décrit comment il a ceinturé Willy M. et demande 39 000 euros de dédommagement. Les deux n’ont pas recours à des avocats.
La procureure rappelle la dangerosité des faits reprochés à Willy M., la préméditation de son acte, et s’interroge sur son intention ou non de donner la mort. Elle requiert 18 mois de prison au vu des raisons de sa condamnation. En effet, Willy M. doit effectuer 8 ans de prison pour trafic de stupéfiants.
La défense évoque la situation difficile dans laquelle était son client : dos au mur face à Jordan qui se montrait véhément à son égard. Elle souligne qu’il regrette son acte.
Le tribunal a décidé de condamner Willy M. à 18 mois de prison, suivant ainsi les réquisitions du ministère public, et à dédommager Jordan à hauteur de 500 euros, et Olivier à hauteur de 5 000 euros. Une décision qui n’a pas plu à la première victime puisqu’elle a quitté la salle d’audience escorté de policiers… en proférant des menaces à l’encontre de Willy M.
*prénom d'emprunt


