Dégénérescence de la démocratie et de la politique
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La politique, "la science ou l’art de diriger les affaires publiques", avec la révolution française, puis la révolution soviétique, a pris des tournures nouvelles en instaurant et en élargissant le vieux concept de la démocratie, "mode de gouvernement par lequel le pouvoir est exercé par le peuple", partagé par tous les citoyens, les habitants d’une même collectivité et d’un même territoire.
Quelles sont les pratiques de la démocratie et de la politique en 2010 à la Réunion et quelles en sont les dérives qui ont conduit à sa dégénérescence, la transformant en coquille vidée de ses réalités aux yeux de plus en plus de citoyens ? Ne voilà-t-il pas une interrogation d’importance sur laquelle, par delà les partis politiques, et en prenant de la hauteur par rapport à eux, chaque électeur devrait porter aujourd’hui sa réflexion avant d’exprimer son suffrage ?
Avec 30 à 40% d’abstentions, avec la multiplication des regroupements de citoyens en partis politiques, plus ou moins démocratiques, les représentants élus lors des scrutins voient s’atrophier gravement leur réelle représentativité populaire.
Cette atrophie de la représentation s’accentue d’autant plus que l’exercice du mandat par les élus de tous bords tend de plus en plus souvent à se limiter à leur personne ou à celle des dirigeants de leur parti, fréquemment lui-même de moins en moins démocratique en son sein. Ces dérives renforcent la perception négative, voire dégoûtée, que, dans leur majorité, les citoyens ont de cette politique qui ne répond plus à leurs attentes et besoins, faute de les prendre réellement en compte pour les satisfaire.
A l’intérêt général du plus grand nombre, sans léser les minorités, la démocratie effective, se substitue l’emprise grandissante des intérêts de minorités sur la majorité, instaurant imperceptiblement des dictatures de fait où la loi des plus forts, ceux qui détiennent l’argent public grâce aux mandats, s’impose.
Peut-on y remédier et rétablir les bases d’une réelle démocratie rendant tout son sens à la politique ? Oui, bien sûr, mais comment ?
Comme on le constate d’évidence, le fonctionnement démocratique de la politique repose sur le concept de pouvoir, pouvoir de changer le réel grâce à la manne de l’argent public issu de tous, ou presque, mais dans quels buts, en fonction de quels intérêts et selon quelles modalités : autoritaires, participatives ou interactives ?
Les moyens et méthodes utilisés pour apporter des réponses à ces questions contribueront à restaurer la démocratie politique ou à pérenniser sa dégénérescence au profit de minorités de plus en plus repliées sur leurs privilèges issus de leur hold-up du pouvoir et de leur accès à l’argent public, le bien commun de plus en plus privatisé.
Les nouvelles technologies d’information et de communication doivent permettre la mise en place et le fonctionnement effectif et efficace d’une pratique de la politique véritablement devenue démocratique par l’exercice du pouvoir rétabli au service de l’intérêt général de la majorité sans léser les intérêts des minorités mais, bien au contraire, en les faisant concourir simultanément à leurs intérêts conciliés avec l’intérêt général.
Dans notre société actuelle, où des minorités politiques épousant les intérêts de minorités économiques leur subordonnent l’intérêt général par l’accaparement de l’argent public, il convient au contraire, pour instaurer une vraie politique démocratique, qu’une révolution copernicienne soit opérée pour que l’intérêt général de la majorité prenne le pas sur les intérêts minoritaires réconciliés et réintégrés à l’intérêt général.
Plus que jamais, la société doit laisser toute sa place à l’individu qui doit être le moteur de son propre développement et du développement de tous, dans le rétablissement et le respect des valeurs simples mais essentielles que nos aînés ont mis en évidence, Liberté Egalité Fraternité.
POURPRE


