Déchets à Sainte-Suzanne : Daniel Alamélou dément toute remise en cause du projet d’ISDU et répond à Eddy Balbine

Le président du SYDNE réfute fermement les accusations du candidat aux municipales de Sainte-Suzanne et assure que ni le projet d’ISDU de Sainte-Marie ni la fermeture programmée de Bel Air en 2028 ne sont remis en cause.
Alors que la question du traitement des déchets s’invite dans la campagne municipale à Sainte-Suzanne, le président du SYDNE, Daniel Alamélou, a tenu à réagir publiquement aux déclarations d’Eddy Balbine. Ce dernier avait saisi le préfet pour demander des clarifications sur « l’ouverture annoncée » de neuf casiers supplémentaires à Bel Air et sur un possible abandon du projet d’ISDU de Sainte-Marie au profit d’un site à Saint-Benoît. Une hypothèse qui, selon le candidat, pourrait conduire à une prolongation de l’exploitation du site de Bel Air.
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Dans un communiqué, Daniel Alamélou dénonce des « informations erronées et approximatives » et entreprend de retracer l’historique du dossier pour, dit-il, « rétablir les vraies informations ».
Le projet d’ISDU confirmé à Sainte-Marie
Le président du SYDNE rappelle tout d’abord que l’abandon d’un précédent projet à Franche-Terre, en décembre 2022, avait été motivé par des incompatibilités avec les règles d’urbanisme et par la volonté de ne pas solliciter davantage la commune de Sainte-Suzanne qui accueille déjà le site d’enfouissement de Bel Air depuis 1992. Cette décision avait également acté un changement de stratégie dans le traitement des déchets, avec notamment la valorisation du combustible solide de récupération à Saint-André et un vaste programme d’investissements.
S’agissant du futur ISDU, un comité de pilotage a été mis en place en février 2023, associant l’État, la Région et les élus du SYDNE, afin d’identifier un site d’implantation. Après plusieurs phases de sélection successives, portant d’abord sur 32 sites, puis 7 et enfin 3, le choix s’est porté, le 6 septembre 2024, sur le site de Beaufond à Sainte-Marie. Une décision entérinée « à l’unanimité » par le comité syndical, en présence du représentant de l’État.
Selon Daniel Alamélou, ce choix repose sur une étude multicritères prenant en compte des aspects techniques, économiques et sociaux. Il précise que ce choix a permis d’éviter l’expropriation de 19 familles d’agriculteurs à Saint-Benoît, alors que le site de Beaufond ne concerne qu’un seul propriétaire.
Des études jugées concluantes et une procédure engagée
Le président du SYDNE insiste également sur les études complémentaires menées en 2024 et 2025, notamment sur les plans géotechnique, hydrologique et environnemental, qui auraient toutes « confirmé la compatibilité du site ». Il évoque aussi les échanges engagés avec le propriétaire, la SAFER et les acteurs du monde agricole, ainsi que des études supplémentaires réalisées à la demande de la filière canne, qui auraient conclu à l’incompatibilité d’autres parcelles.
Sur le plan administratif, le SYDNE affirme avoir franchi plusieurs étapes décisives : dépôt d’un dossier de reconnaissance en projet d’intérêt général en 2025, puis demande d’ouverture d’une enquête préalable à la déclaration d’utilité publique et d’une enquête parcellaire en décembre dernier. Une mission de maîtrise d’œuvre doit par ailleurs être attribuée « dans les prochaines semaines ».
Bel Air : pas de prolongation au-delà de 2028, assure le SYDNE
Face aux inquiétudes exprimées par Eddy Balbine, Daniel Alamélou se veut catégorique.« Non, le projet d’ISDU de Beaufond n’est pas arrêté. Non, le quartier du Moka à Sainte-Marie n’est pas concerné. Non, l’activité du centre d’enfouissement de Bel Air à Sainte-Suzanne ne sera pas prolongée au-delà de 2028 », martèle celui qui est aussi candidat à la mairie de Sainte-Suzanne.
Le président du SYDNE rejette également toute idée d’un basculement du projet vers Saint-Benoît et assure que la trajectoire définie reste inchangée.
Un dossier qui s’invite dans la campagne municipale
Daniel Alamélou regrette enfin que ce qu’il qualifie de « projet d’intérêt général et d’utilité publique » fasse l’objet d’une « récupération électoraliste ». En filigrane, la réponse vise clairement Eddy Balbine qui a multiplié les alertes sur le dossier et n’exclut pas des recours juridiques en l’absence de garanties.
Alors que l’ouverture de nouveaux casiers à Bel Air et la transition vers le futur ISDU cristallisent les tensions, le président du SYDNE appelle « au sens des responsabilités de chacun » dans un contexte de campagne où la question des déchets s’impose comme l’un des dossiers les plus sensibles de l’Est.


