De quelles guerres s’agit-il, M. Gauvin ?

Pour vous répondre le plus brièvement possible :
1) Le terme de patois, qui n’a rien de péjoratif car n’ayant pas une quelconque connotation de valeur mais de grandeur, est utilisé également en Belgique, Suisse, Italie. (cf Henriette Walter, linguiste éminente).
2) Il est heureux que notre créole et les autres patois antillais et français aient été classés parmi les langues et non pas parmi les pâtisseries ou les confiseries et j’en suis tout aussi fier que vous. Sauf que vous ne voulez pas faire de différence entre le sens large et le sens strict.
Le créole qui est bien une langue au sens large (puisque parlé) est un sympathique patois au sens strict.
3) L’AN a entreposé les créoles dans le panier des langues de France parce qu’il fallait bien les mettre quelque part.
Savez-vous où sont placés les fabricants d’orgues, lesquels sont des fabricants d’instruments de musique ?
Je vous le donne en mille ! Dans l’UNIFA. La confédération des fabricants d’ameublement ! ! ! Vous savez pourquoi ? Parce que les orgues sont des instruments de musique abrités dans des buffets en bois !
Alors, votre opinion du classement de notre créole dans les langues de France, vous devinerez aisément ce que j’en pense !
4) Le français, c’est ma langue première, ma langue maternelle, celle que me parlait ma maman. Et mon Grand Lexique, dont je vous remercie de préconiser la lecture à ceux qui aiment notre créole, est un ouvrage banni des licence et master de créole à l’université. Selon toute vraisemblance, M. Marimoutou et Mme Staudacher-Valliamée ont cet ouvrage dans le collimateur parce que ce livre, le plus complet sur notre idiome, n’a pas été réalisé par eux, dont c’était pourtant le domaine de compétences.
Il prouve également qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre le créole à l’école pour bien le maîtriser.
5) Je vous confirme qu’il est d’une extrême impolitesse de s’adresser en créole dans un débat télévisé qui touche une grande variété de téléspectateurs.
C’est le français, notre si merveilleuse langue, qui rassemble et doit continuer à rassembler tous les Réunionnais.
6) Le patois réunionnais peut s’écrire et à peine une centaine de personnes ici sont concernées par son écriture : les auteurs de ségas et maloyas, les auteurs de sketches et de pièces de théâtre, les poètes, les romanciers et auteurs de contes.
Il est bien clair qu’une quatrième tentative de graphie basée sur le mélange des trois graphies précédentes saupoudré d’étymologique ne pourra être qu’un échec patent fortement prévisible.
Pour faire accéder notre patois au rang de langue régionale, une seule voie : l’écriture étymologique et une grammaire toujours avec des exemples en écriture étymologique.
Le créole au lycée seulement et en option au bac comme la musique et l’athlétisme.
Oui, je réaffirme que les licence et master de « kréol » sont des arnaques parce qu’il est impossible de faire une licence et un master de patois (moins de 3 000 mots et expressions). Cela ne se fait dans aucune autre académie de métropole. Et le breton, par exemple, c’est quand même 35 000 mots de vocabulaire, ce n’est pas la même chose !
Je viens de constater dans les épreuves de licence et master des commentaires en créole (kréol ?) de textes en créole (kréol ?).
Or, le vocabulaire de notre si sympathique patois a été élaboré pour des dialogues hyper simples entre grands propriétaires, commandeurs et esclaves.
Les commentaires littéraires n’étaient pas leur tasse de thé.
Il n’existe aucun vocabulaire créole pour traduire : sonnet, alexandrins, octosyllabes, césure, hémistiche, rejet, enjambement, allitération, quatrain, tercet etc.
Ces diplômes sont, je le regrette amèrement pour nos étudiants, des diplômes au rabais, eu égard surtout aux graphies phonologiques prônées par leurs enseignants, reniant farouchement les origines du peuplement de notre île.
7) Je ne mène pas de guerres contre des gens mais contre des idées mauvaises ou même médiocres.
Moin, mi persis’ même et mi signe.
Armand GUNET
Pt de "Réagissons !"


