"Dans la toute-puissance" : l'ancien coach sportif de Saint-Gilles lourdement condamné

Ancien gérant d’un club de fitness à Saint-Gilles, Fabrice Gaury a été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis probatoire, pour agression sexuelle. Initialement poursuivi pour viol, il conteste les faits malgré des analyses ADN confondantes.
"Vous êtes une personne transgressive et sexuellement violente. Vous avez un problème avec les femmes. Vous êtes dans la toute puissance", assène le représentant de la société. En trois phrases, Antoine Tur a parfaitement résumé la personnalité de Fabrice Gaury, ancien gérant d'un club de fitness de Saint-Gilles, condamné à 5 ans de prison dont un avec sursis probatoire.
Ce jeudi, le quinquagénaire comparaissait pour des faits d'agression sexuelle de 2021. En préambule, le président du tribunal correctionnel rappelle que ces faits ont été correctionnalisés avec l'accord de la victime.
Initialement poursuivi pour viol
Initialement poursuivi pour viol, Fabrice Gaury, 51 ans, est en détention provisoire depuis février 2023, date à laquelle son ADN a matché. "Un mystère", selon l'intéressé qui conteste tout ce qui lui est reproché et s'enorgueillit des cinq non-lieux prononcés au cours de l'enquête.
D'autres femmes ont en effet raconté avoir été victime du mis en cause dans des circonstances étonnamment similaires. Elles évoquent avoir été droguées puis violées ou agressées sexuellement. Des éléments qui ont valu au coach sportif d'être supplétivement mis en examen. Les investigations menées n'ont toutefois pas donné lieu à des poursuites.
"Drôle de contexte"
Ces différents aspects de l'affaire donnent tout de même une certaine image du personnage, auxquels il faut ajouter les tags retrouvés sur un mur de la ville saint-gilloise, "Gaury m'a violée", ou bien un courrier anonyme adressé au juge d'instruction qui rapporte des faits de même nature.
"Drôle de contexte", commente Stéphane Duchemin. Le président décrit enfin les relations fusionnelles entre le prévenu et sa compagne de l'époque puis, un changement radical dans leurs rapports. "Elle voulait que je lui signe une reconnaissance de dettes de 200.000 euros", grommelle Fabrice Gaury avec le peu d'élégance qui le caractérise à la barre. Par le passé, celui-ci a été condamné par le tribunal judiciaire de Saint-Pierre pour des violences conjugales sur une ancienne compagne, cette dernière ayant porté plainte pour des violences sexuelles.
Engoncé dans un pantalon bleu marine et une chemise rayée, l'homme ne cache pas son agacement à l'évocation de son passé émaillé de nombreuses alcoolisations et de consommation de cocaïne qui lui vaut une autre poursuite devant le tribunal ce jeudi.
Un défaut de charges
Sa façon de s'adresser aux magistrats frise le mépris, "vous n'avez eu aucun mot à l'égard de la victime", note le ministère public. Mais Fabrice Gaury persiste dans ses explications ; "une supercherie, un complot contre lui". Plutôt "un défaut de charges" pour le parquet qui tacle : "votre ex-femme a exercé des pressions sur la victime pour qu'elle retire sa plainte. Votre version du complot ne tient pas".
Ce 12 septembre 2021, Fabrice Gaury recevait plusieurs groupes d'amis à son domicile de l'Ouest. Le vin rosé avait coulé à flot selon les témoignages, femmes d'un côté de la terrasse et conjoints respectifs proches du bar. Une des invitées avait fait un malaise vers 15 heures et s'était allongée dans la chambre du couple Gaury. Elle indique que dans le courant de l'après-midi alors qu'elle était amorphe "avoir eu une vision de Fabrice Gaury près d'elle la pénétrant avec ses doigts". Elle avait voulu crier sans y parvenir.
Les analyses ADN contestées par la défense
La jeune femme était alcoolisée, entre 1,6 et 1,8 Gr/l de sang indique le toxicologue ayant reconstitué cette alcoolémie. Les analyses de prélèvements effectués le soir même ont révélé la présence de l'ADN de Fabrice Gaury. "Une preuve", lance le président de l'audience correctionnelle comme pour couper court à toute polémique.
Car pour la défense qui dénonce "un dossier bâti sur une rumeur", la seule preuve dans ce dossier a été détruite. La demande de contre-expertise de Me Iqbal Akhoun n'a, en effet, pu être faite, les scellés ayant été détruits à l'issue de la première analyse. "La contre-expertise est de droit", plaide le conseil qui demande l'annulation du rapport d'expertise qui incrimine son client. Un argument déjà avancé devant la chambre de l'instruction, sans succès et dont le tribunal n'a, lui non plus, pas tenu compte.
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