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CRAN Réunion : "Ayez de l’Audace"

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 17 mars 2011 à 10H04

Le CRAN Réunion (Conseil Représentatif des Associations Noires) s’est installé dans le paysage politico médiatique de la Réunion comme entité associative autonome et apolitique. L’enjeu du CRAN est d’imposer un débat démocratique sur l’échiquier politique réunionnais, être le "correcteur" pour une égalité de "représentation" notamment en ce qui concerne le Groupe ethno-culturel Kaf qui subit une discrimination au sein de la société réunionnaise. Le CRAN s’attache aux valeurs fondamentales des règles juridiques et fraternelles qui régissent la communauté humaine. Les paramètres qui cautionnent la stigmatisation d’un groupe ethnoculturel dans une société, notamment le groupe ethno-culturel Kaf à la Réunion, et qui créent une disparité de représentations sont divers : économique, historique, institutionnelle, géographique, environnemental et politique…

Au-delà de la question du groupe ethnoculturel Kaf qui est la ligne prioritaire du CRAN Réunion, nous souhaitons en cette période des élections cantonales 2011 attirer l’attention sur les missions des futurs Conseillers Généraux qui auront la responsabilité de redessiner une politique sociale transitoire au Conseil Général jusqu’en 2014.

Notre positionnement aujourd’hui contribue à une analyse du rôle du Conseil Général à travers les domaines de compétences qui lui sont attribués. La loi instaurant la "Départementalisation" dans les territoires d’Outre-Mer date du 19 Mars 1946 et inscrivait l’île de La Réunion dans un nouveau cheminement statutaire. Depuis cette date, La Réunion a connu plusieurs phases importantes notamment les actes de décentralisation de 1982 et 2003 qui sont les transferts effectifs des pouvoirs de l’Etat aux collectivités locales. Les plans d’investissement qui l’ont accompagné ont profondément modelé l’identité économique et sociale de l’île de la Réunion.

Les mesures populaires accompagnant "la décentralisation décisionnelle" sont les zones franches, les transferts de budget et les différentes moutures de la défiscalisation. Ce qui nous amène à vous poser la problématiques suivante :

Comment réussir un développement en valorisant le capital humain réunionnais ?

La Réunion perpétue un contraste sociétal : son économie dépend à 90% du secteur d’importation. Paradoxalement, soutenue par une dynamique économique considérable, la Réunion affiche curieusement un plafond de 33% de chômage, et plus de 65.000 bénéficiaires des revenus sociaux. L’octroi de mer présenté comme "soupape" de sécurité pour la compétitivité des entreprises réunionnaises souffre aussi d’un effet particulièrement pervers de subvention par les importations. L’architecture des politiques économiques basées sur des commandes publiques ne donnera aucune chance d’existence aux structures de l’économie solidaire dans les petites localités. Notre intérêt à la Réunion serait de "libérer" l’économie solidaire (surtout rurale) des contraintes d’investissement forcé (normes d’exigences). La nécessité pour le Département est de postuler à de nouvelles recettes, sur les marges de bénéfices des entreprises qui polluent des nappes phréatiques et atmosphériques. Les nouvelles recettes du Conseil Général doivent prioritairement servir à mettre la population à l’abri de la misère sociale.

La Réunion est le département le plus attractif dans le domaine des projets environnementaux innovant qui se substituent aux défaillances économiques des secteurs traditionnels. L’exploitation économique du secteur du développement durable à la Réunion a devancé nos voisins "de la plaque océanique" voir de l’Europe continentale. L’entrée en vigueur en 2014 de la réforme des collectivités territoriales risque de déstabiliser l’environnement social de nos institutions. Nos décideurs politiques ont accumulé d’innombrables carences décisionnelles pour une "auto-détermination" dans les choix opérés. Notre système social jusqu’à présent maintenu par la solidarité publique et privée va être inefficace, si nous continuons à utiliser ostentatoirement les fonds prévus pour l’aide sociale, pour "gommer" l’insuffisance d’une politique économique.

En effet, l’urgence est de renforcer "l’armature sociale" réunionnaise pour éviter "des décrochages sociaux" qui se manifestent dans l’échec scolaire, la drogue, les violences, la solitude et les comportements à risque. Nous connaissons une démographie galopante (1 million d’habitants à l’aube de 2030) renforcée par une migration en forte progression et une jeunesse réunionnaise hautement diplômée mais sans perspectives d’emploi. Vous devez réfléchir sur les conditions d’amélioration de nos filières universitaires et d’apprentissage en privilégiant les débouchés peu délocalisables afin de maintenir nos jeunes à la Réunion et leur permettre de rester en contact avec notre environnement économique. Par exemple dans la santé ou les services d’aide à la personne qui sont devenus une "micro-économie de
proximité" en pleine croissance avec d’un côté une population vieillissante et dépendante et d’autre part un déficit de places pour la petite enfance.

Dont il faudra revoir la politique dont on connaît le lien avec le sauvetage des emplois des jeunes parents concernés. En revoyant la politique de formation de la petite enfance, en en augmentant le budget avec une meilleure répartition vers les milieux associatifs qui en assument la plus grosse partie, et en tempérant les effets sélectifs de la politique nationale actuelle par une meilleure répartition de l’aide accordée aux familles. Enfin en restaurant un fonctionnement normal du CDAJE (Conseil Départemental Aux Jeunes Enfants) qui permettra de mieux définir son orientation dans l’île. Il ne faudrait pas dans l’avenir renouveler dans ce secteur le cataclysme social survenu à l’ARAST en 2010. Il faudrait prioriser la mobilité dans la zone Océan Indien, où existent des universités qui peuvent accueillir nos jeunes en collaboration ou en concurrence avec la nôtre, l’Inde et la Chine aussi qui sont des puissances économiques majeures à ne pas négliger. La mobilité lointaine des étudiants dans l’hexagone et en Europe est une charge qui confisque un budget qui pourrait servir à améliorer les conditions sociales des réunionnais.

La Réunion abrite sur son territoire diverses énergies renouvelables et transformables qui pourraient faire l’objet d’une plus grande utilité ménagère et industrielle. L’optimisation de nos énergies naturelles est un atout considérable pour les diminutions de dépenses dans les ménages réunionnais. Il est injuste que la majorité des familles réunionnaises s’acquittent de factures exorbitantes, alors que La Réunion est dépositaire d’une plate-forme naturelle productrice d’énergies diverses et est déjà dépositaire d’une "niche" d’emploi grâce aux expérimentations de divers procédés dans les énergies renouvelables. Autre exemple, l’aéroport de Roland Garros doit multiplier des lignes internationales pour être en cohérence
avec les investissements effectués et obtenus.

Les recettes fiscales générées par le Conseil Général devraient aussi rééquilibrer les investissements publics ainsi que leurs fonctionnements pour les quatre micros territoires, particulièrement l’Est de l’île qui accumulent des retards considérables. Nos Conseillers Généraux doivent rappeler à l’État ces engagements inscrits dans la constitution des droits fondamentaux en France tels que le droit à la santé, à l’emploi et le logement. La politique du Conseil Général ne pourra nullement répondre aux enjeux d’une bonne "cohésion sociale" si l’aménagement du territoire ne tient pas compte des difficultés sociales et d’enclavement des nouveaux quartiers limitrophes, par rapport aux pôles d’attractivités économiques.

Il faudra prioriser les investissements qui motivent le chemin de la connaissance en garantissant la survie d’une politique de solidarité qui accompagne les déplacements de populations. Le débat sur l’auto-suffisante alimentaire aujourd’hui est nécessaire par le coût des transports, le stockage et les risques d’un conflit planétaire. Il faudra que l’exécutif départemental innove des outils re-flexionnels pour une efficacité décisionnelle 65 ans après la rentrée en vigueur de la Départementalisation. Avoir de l’audace pour le CRAN Réunion, c’est aborder toutes les questions qui entravent l’évolution culturelle du citoyen et de nos
institutions. Avoir de l’audace pour le CRAN Réunion c’est dépasser "la peur" et "la
crispation" pour donner du sens aux missions de nos institutions à La Réunion.

- Avoir de l’audace pour nos Conseillers Généraux, c’est interpeller l’Etat pour qu’il cède le foncier nécessaire pour la construction des logements sociaux. Il faudra un rattrapage de 5000 logements sociaux par an jusqu’en 2014 ;
- Avoir de l’audace pour l’exécutif Départemental s’est d’ouvrir le débat sur une réelle politique des transports à la Réunion : en 2015 le parc automobile réunionnais augmentera encore de 70% ;
- Avoir de l’audace en politique pour nos Conseillers Généraux, c’est exiger de l’Etat des moyens substantiels pour l’éducation et l’insertion sociale des réunionnais ;
- Avoir de l’audace en politique pour l’exécutif départemental c’est d’imposer aux entreprises aidées par les fonds publics, des règles de gestions qui imposent une "équité" en termes de salaire pour l’ensemble des protagonistes. Par conséquent, toute structure économique "postulant" à l’octroi de subventions publiques au Conseil Général devra octroyer des garanties d’embauche des compétences réunionnaises.

Les élus qui siégeront prochainement au Conseil Général auront une obligation, au moins morale, de résultats face aux Réunionnais. L’essentiel pour nos Conseillers Généraux est de maintenir le Conseil Général dans sa mission qu’est "une mise en confiance du citoyen dans un processus social et culture".

Pour le CRAN Réunion
Eric Murin

 

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