Cour d'appel : Polygame, il considère ses filles comme des objets sexuels

Le prévenu condamné à 7 ans d'emprisonnement en première instance tourne la tête de tous les côtés, roule des yeux et hésite à répondre. Puis, il déclare qu'un autre détenu de la prison où il est incarcéré lui a dit qu'on pouvait. Il a donc suivi son conseil. "Vous reconnaissez les faits?", insiste le président. Le quadragénaire bougonne une vague réponse à travers laquelle on comprend qu'il trouve la peine un peu sévère. Et alors qu'il n'a visiblement pas compris la question, il reconnait les faits gravissimes qui lui sont reprochés.
Une emprise paternelle très forte
À leur tour, les autres racontaient que, tous dans le même lit pour passer la nuit, Moudala profitait du sommeil des adultes pour commettre ses agressions.
Lors de son premier procès, le prévenu avait évoqué les esprits qui s'emparaient de lui et lui faisaient faire des choses dont il oubliait ensuite la teneur. Il avait également évoqué un complot de la part de la mère de ses filles. Prenant ces arguments pour argent comptant, son avocat avait requis la relaxe au motif qu'il fallait le croire sur parole.
Ce mardi, c'est le parcours de vie difficile de Moudala, né à à Mayotte en 1983, qui a été mis en avant par la défense pour expliquer la dérive d'un homme polygame livré à ses pulsions sexuelles. L'avocat a fait remarquer à la cour que son client avait fait un pas en avant en reconnaissant les faits.
Il demande à leur mère de les enfermer
Mais le représentant de la société n'a pas apprécié les déclarations du mis en cause de la même façon. Au contraire. Devant l'indolence et l'absence de remise en question, il a enjoint la cour à prononcer une peine plus lourde, soit 9 ans de prison et 5 ans de suivi socio-judiciaire. "Les relations entre ce père et ses filles étaient totalement sexualisées. Il les considérait comme des objets à tel point qu'il demandait à leur mère de les enfermer dans leur chambre quand elle s'absentait", a rappelé Jean-Philippe Rey pour le parquet général.
Or, lorsque la chambre des victimes n'était plus accessible, Moudala vaporisait sous la porte de la bombe à cafards pour les obliger à lui ouvrir.
La cour a mis sa décision en délibéré au 6 octobre prochain.


