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Coup de gueule de Thérèse Baillif: Le Cevif menacé de disparaître

Ecrit par zinfos974 – le lundi 18 novembre 2013 à 15H02

Le Cevif (Collectif pour l'élimination des violences envers les femmes) a tenu une conférence de presse ce matin. Outre la présentation de deux journées de mobilisation (20 et 25 novembre) dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et pour les droits de l'enfant, la conversation a vite dérivé vers un autre sujet. La survie du collectif. Faute de subventions suffisantes pour continuer à exister, sa présidente Thérèse Baillif craint de devoir arrêter et a poussé un véritable coup de gueule, teinté d'amertume.

"Je ne sais pas si le Cevif sera là l'année prochaine", lâche la présidente du collectif. Une petite phrase qui en dit long sur la situation de cette association qui emploie une quinzaine de personnes et existe depuis 2008. Dans un contexte de rigueur budgétaire de l'Etat et par ricochet du Conseil général, le Cevif pourrait voir ses subventions diminuer drastiquement l'année prochaine.

L'Etat a coupé à 60% les subventions de l'association cette année, et l'année prochaine ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. "Attendez-vous à avoir des coupes sombres. Vous n'aurez pas ce que vous aviez l'année dernière", lui aurait-on confié au Conseil général. Mais elle ne blâme pas la collectivité, qui paie aujourd'hui le gel des dotations de l'Etat depuis quelques années, et dont le budget 2014 s'annonce particulièrement serré.

"On ne vient pas mendier"

"Moi j'interpelle l'Etat et la mairie de Saint-Denis", lance-t-elle. Aujourd'hui le Cevif touche 190.000 euros du Conseil général, 7.000 euros de la délégation aux droits des femmes et 5.000 euros de la mairie de Saint-Denis. Insuffisant à ses yeux pour continuer à faire tourner la boutique. Selon Thérèse Baillif, il faudrait à l'association 300.000 euros par an pour travailler correctement. "On ne vient pas mendier. Cet argent ne va pas dans ma poche, mais il sort le plus souvent de ma poche", poursuit-elle.

 

"Je ne demande qu'à continuer (…), mais on est un peu au bout du rouleau. Les choses ont été mises en place avec foi et détermination, malheureusement je ne sais si je pourrai continuer l'année prochaine (…), alors que l'être humain devrait être la priorité des politiques publiques aujourd'hui", souligne-t-elle. Un constat amère pour la présidente du Cevif qui rappelle que l'association tourne 7 jours sur 7. "Cet effort n'est pas compris. Je ne suis pas dans l'accusation mais simplement dans le constat", ajoute-t-elle.

Selon elle, la société d'aujourd'hui a plus que besoin de ce genre de structure. "Nous avons besoin de concret aujourd'hui, être prêts des gens. Nous aimerions le faire si nous avions les moyens. Moi j'ai besoin d'une équipe de professionnels. Il faut en priorité lutter contre ce fléau, cette gangrène. Ce sont des vies qui sont gâchées (…). Au sein des familles, ce sont les enfants victimes qui demain deviendront violents ou des enfants qui deviendront des victimes. Quand on a vécu ça, on le reproduit en tant que victime ou auteur", explique-t-elle.

Très critiquée sur les marches blanches

D'où l'importance de mobiliser plus les politiques publiques dans la lutte contre les violences faites aux femmes, ou plus généralement intrafamilliales. Malgré un budget en berne, le Cevif sera là les 20 et 25 novembre prochains. Le 20 novembre, dans le cadre de la Journée internationale des droits de l'enfant, en partenariat avec l'association Enfance sans violence, le Cevif organise une après-midi atelier et animation dans les jardins de la Villa du Département (17 à 20 heures).

Le 25 novembre à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences envers les femmes, une journée portes ouvertes est organisée au sein de l'association (14 rue Henri Vavasseur) de 9h30 à 17 heures. "Ce n'est plus la même société. Elle a évolué et forcément nos moyens de lutte doivent s'adapter à cette nouvelle société. On veut mettre l'accent sur la communication non-violente avec des ateliers de travail sur la communication bienveillante. Il y aura une présentation de spots réalisés en interne et du travail mené sur le dispositif d'accompagnement proposé avant pendant et après les procès par l'association", précise Thérèse Baillif.

Pair ailleurs, pas de marche blanche cette année. "On a été très critiqué l'année dernière, je ne sais pas pourquoi. On m'a dit que ça ne servait à rien. Mais c'est une sensibilisation du public, la violence est banalisée aujourd'hui et il faut le dire en rendant hommage à ces femmes mortes", conclut-elle. Bref, rien ne va plus au Cevif.

Peu habituée à s'épancher de cette manière, Thérèse Baillif a mis les pieds dans le plat. Reste à savoir si l'Etat et la mairie de Saint-Denis entendront l'appel du collectif...

 

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