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Coquille vide depuis des années, le syndicat intercommunal SIDEO est en voie de dissolution

Le Syndicat intercommunal d'exploitation d'eau océanique (SIDEO) est en sommeil depuis des années. Sa dissolution est proche mais coûte encore de l'argent aux contribuables de Saint-Denis et de Sainte-Marie.

Ecrit par Ludovic Grondin - Samuel Irlepenne – le mercredi 07 avril 2021 à 17H39

Qui se souvient de l’activité du SIDEO ? Pas grand monde assurément. Monté en 2010 entre les communes de Saint-Denis et de Sainte-Marie au plus fort de la perspective de construire et d’exploiter un réseau de distribution d’eau froide à partir des eaux marines profondes (le fameux projet SWAC), le syndicat intercommunal vivote depuis des années. 

Saisie par le préfet, la Chambre régionale des comptes a dû procéder au règlement du budget primitif 2020 du syndicat, faute pour celui-ci de l’avoir adopté en 2020 dans le délai légal, le 31 juillet 2020 (après dérogation pour cause de crise sanitaire). Un manque qui a poussé le préfet, par lettre du 18 août 2020, à saisir la Chambre régionale des comptes pour le règlement du budget.

Un avocat payé pour accompagner la dissolution du syndicat

Par ailleurs, les collectivités qui pilotent sa destinée n’ont pas cru bon de désigner des élus pour constituer un nouveau bureau après le renouvellement des municipales de juin 2020. Ce qui fait que le SIDEO n’existe que sur papier depuis un an. Mais sa gestion courante, ou plutôt sa dissolution prochaine, est assurée par un avocat missionné pour accompagner la fermeture du syndicat intercommunal. La convention de mission et d’honoraires de l’avocat a été fixée à 13.000 euros pour l’exercice budgétaire 2020. 

Les magistrats financiers notent « qu’en l’absence d’opérations d’investissement engagées ou exécutées, ou présentant un caractère obligatoire ou urgent, l’examen du projet de budget primitif 2020 du SIDEO se limite à la section de fonctionnement. »

 

Dans les faits, la gestion du SIDEO a été assurée ces dernières années par le personnel de la commune de Saint-Denis. La CRC rappelle donc qu’il revient au syndicat intercommunal de rembourser à la commune le coût de cette mise à disposition, « selon les termes d’une convention conclue le 8 juin 2012 ». En dépit de cette convention, « le SIDEO n’a pas procédé au remboursement des frais supposés par la commune de Saint-Denis », écrit la CRC. L’institution demande au SIDEO de prévoir au budget primitif 2020 un montant de 189.471 € correspondant au remboursement des charges de personnel mis partiellement à disposition du syndicat depuis 2017 par la mairie du chef-lieu.

 

Pour rappel, le projet SWAC (ou Sea Water Air Conditioning) prévoyait de substituer la quasi-totalité de l’énergie électrique nécessaire à la climatisation par l’énergie thermique des mers ([une commande publique de 150 millions d’euros pour un système de climatisation innovant]urlblank:https://www.zinfos974.com/Une-commande-publique-de-150-millions-d-euros-pour-un-systeme-de-climatisation-innovant_a77566.html ). 

Le dispositif consistait à pomper de l’eau froide en grande profondeur (environ 5 degrés à 1000 mètres) et transférer le froid contenu dans cette eau au réseau de climatisation au moyen d’un échangeur thermique. L’eau de mer qui ressortait de l’échangeur thermique (à environ 12°C) était ensuite renvoyée dans l’océan à une profondeur adéquate à sa température, et sans impact sur son environnement.

La CRC interrogeait déjà le SIDEO en 2015 sur « sa raison d’être »

Sur le papier la promesse était belle. Le chantier, qui était prévu pour démarrer fin 2015, a été retardé par l’énergéticien Engie qui remettait en cause la rentabilité du projet, avant de claquer définitivement la porte.

Ce qui n’a pas empêché le SIDEO de continuer à rétribuer les élus d’indemnités particulièrement élevées malgré le peu d’activités enregistrées par la structure présidée par l’adjoint Jacques Lowinsky. Déjà en 2016, la CRC avait tapé du poing sur la table, [invitant le SIDEO « à s’interroger sur sa raison d’être »]urlblank:https://www.zinfos974.com/SIDEO-La-Chambre-regionale-des-comptes-epingle-les-indemnites-des-elus_a105193.html . En effet, en 2015, les indemnités des élus (17.452,76 euros) ont représenté près de la moitié (40,9%) des dépenses totales du syndicat (42.667,51 euros). Un pourcentage qui était déjà de 23,6% en 2014 (24.229,70 € d’indemnités pour 102.521,97 € de dépenses totales).

 

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