Continuité territoriale : quel foutoir !

Le bus sinue péniblement entre les rangées de "clients" rue Marius-et-Ary Leblond, Saint-Pierre. Il y en a devant l’agence régionale, il y en a sur le trottoir d’en face, il y en a sur la chaussée. Tous veulent leur ticket, si possible avant les copains.
Un reportage très drôle de Frédo Rivière faisait état de personnes ayant dormi dans leur bagnole pour être parmi les premiers à l’ouverture des portes.
Vous savez ce que ça me rappelle ? Lorsque des menaces (imaginaires) de blocus ont couru voici quelques années, des files d’abrutis se pressaient aux portes des grandes surfaces pour engranger des provisions dont ils n’ont jamais eu besoin et des centaines de rouleaux de PQ qu’ils vont utiliser jusqu’à la fin des temps si carias i rente pas dedans alorsss !
Bousculades, engueulades, jurons, épithètes fleuris et autres noms d’oiseaux s’entendaient jusque dans le bus. Ah ! ce "vivre ensemble" que la Terre entière nous envie…
Derrière moi quatre braves dames ont commenté le spectacle : "Bande sauvages là va finir par congne l’in’ su l’aute si i continue"… "Ma fille i voulait râle à moin dans la fournée là. Moin la dis à elle file toujours, mi viens" (rires)… "Au lieu de paye voyage pou ça qu’la pas besoin, i ferait mieux de créer deux-trois ti travail pou les jeunes. Après, si na encore d’millions po gaspiller envoye çat’i veut en France !"
Bien vu, chères dames pour votre bon sens. Avec ces millions, on aurait pu par exemple abonder les quelque 2 000 emplois aidés qui sont repartis dans les caisses de l’Etat et soulager un peu une population qui périt de chômage et de désespérance. Au lieu de permettre à n’importe qui "d’aller leur serrer dans mes bras" (mon Dieu, comment peut-on aussi mal parler ?)
Quand on pense que les parents d’enfants malades, à opérer d’urgence, doivent pleurer sur Freedom pour avoir de l’aide qu’on leur refuse à la Région ou au Département !
Pour ce qui est des billets "continuité", il faut se dire que ça tombe pile poil avant les élections.
C’est une honte !


