Comores : L'Union africaine rappelle Sambi à l'ordre

S'inquiétant des émeutes provoquées par l'adoption de la loi du 1er mars qui prolonge de 18 mois le mandat de l'actuel président fédéral de l'nion des Comores Ahmed Abdallah Sambi, l'Union africaine fait un rappel à l'ordre.
Le président de la Commission de l'UA Jean Ping a rappelé à Sambi "la nécessité pour les parties comoriennes de travailler de façon consensuelle à la mise en œuvre des réformes constitutionnelles introduites à la suite du référendum du 17 mai 2009".
La France a elle aussi fait part de sa désapprobation et de son inquiétude à travers un communiqué :
"La France prend note de la décision prise, le 1er mars, par le Congrès de l'Union des Comores de fixer la date des prochaines élections du président de l'Union et des gouverneurs des Îles au 27 novembre 2011. Elle constate que cette décision aboutit à prolonger de 18 mois le mandat du président actuel, élu pour quatre ans en mai 2006.
La France regrette que cette décision importante pour l'avenir du pays, qui fait suite à la révision constitutionnelle de mai 2009, ait été prise sans concertation, en l'absence de la plupart des élus mohéliens et de l'opposition comorienne, et qui n'ont de ce fait pas participé au vote. Elle rappelle son attachement à l'esprit de tolérance et d'équité des Accords de Fomboni de 2001, négociés sous les auspices de l'Organisation de l'unité africaine, garantis par la communauté internationale et qui avaient ouvert une période de stabilité et de renforcement de la démocratie.
La France espère que cette décision ne mettra en cause ni le fonctionnement des pouvoirs publics ni le fragile processus de réconciliation nationale et la nécessaire stabilité politique des Comores, dont la priorité doit être de s'attaquer résolument aux problèmes de développement, avec le soutien de leurs partenaires internationaux, parmi lesquels la France et l'Union européenne".
Le 17 mai 2009, Ahmed Abdallah Sambi avait appelé à un référendum qui prolongeait son mandat de quatre à cinq ans. Il devait ensuite confier l'harmonisation des élections au congrès dans lequel son parti est majoritaire. Cette consultation a été contestée à cause du faible taux de participation, surtout par les Mohéliens qui verraient ainsi remettre la présidence tournante en mai 2010. Si tel n'est pas le cas, les habitants de l'île de Mohéli pourraient demander à être rattachés à la France en tant que TOM (Territoire d'Outre-mer), voir auto-proclamer leur indépendance.


