Cilaos : une mission nocturne pour mieux comprendre l’impact de la lumière sur la biodiversité

Le Parc national de La Réunion a mené, du 2 au 5 mars 2026, une mission nocturne de diagnostic des éclairages dans la commune de Cilaos. L’objectif : mieux identifier les sources de pollution lumineuse et leurs effets sur la biodiversité, en particulier sur les jeunes pétrels, souvent désorientés lors de leur premier envol vers l’océan.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme "Les Jours de la Nuit", qui vise à limiter les impacts de l’éclairage artificiel sur les écosystèmes nocturnes.
Cartographier les sources lumineuses
Pendant trois soirées, du crépuscule jusqu’à 1 heure du matin, les équipes du Parc national ont parcouru différents secteurs de Cilaos afin de cartographier les points lumineux susceptibles de perturber la faune nocturne. Lampadaires publics, éclairages privés ou installations diverses ont été passés en revue selon plusieurs critères : leur utilité, leur intensité, leur orientation et leur spectre lumineux.
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Certaines installations présentent plusieurs caractéristiques considérées comme problématiques : une lumière très blanche, une forte intensité et une orientation vers le ciel. Ces configurations accentuent les perturbations pour les espèces nocturnes.
Une menace pour la faune nocturne
La pollution lumineuse affecte l’ensemble des écosystèmes actifs la nuit. Selon les observations évoquées par le Parc national, un seul lampadaire peut entraîner la mort d’environ 150 insectes par nuit, perturbant ainsi la chaîne alimentaire. Les oiseaux marins figurent parmi les espèces les plus vulnérables. Attirés par les lumières artificielles, les jeunes pétrels peuvent confondre ces sources lumineuses avec les reflets naturels des astres sur l’océan. Le phénomène est accentué lorsque le littoral est recouvert d’une mer de nuages, ce qui accentue leur désorientation.
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Les premières mesures mises en place à la suite d’un diagnostic réalisé en 2025 semblent toutefois produire des effets positifs. Le nombre d’oiseaux échoués à Cilaos est ainsi passé de 784 en 2024 à 22 en 2025, selon les données communiquées par le Parc national.
Adapter l’éclairage pour préserver la biodiversité
Pour réduire ces impacts, le Parc national agit à plusieurs niveaux : diagnostics de terrain, participation à l’élaboration de documents d’urbanisme et accompagnement des projets d’aménagement ou de rénovation.
Plusieurs solutions techniques sont recommandées, comme l’orientation des luminaires vers le sol, la réduction de leur intensité ou l’utilisation de lumières plus chaudes, moins perturbantes pour la faune. Lorsque des éclairages jugés problématiques sont identifiés, les équipes du Parc prennent contact avec les propriétaires ou gestionnaires afin de proposer des aménagements.
Avec l’approche de la période des extinctions de lumières, le diagnostic mené cette année à Cilaos doit permettre d’affiner les observations et de mieux cibler les actions visant à réduire l’impact de l’éclairage artificiel sur les pétrels et, plus largement, sur la biodiversité nocturne de l’île.


