Revenir à la rubrique : Santé

CHU : un plan de retour à l’équilibre de 53 millions d‘euros et de nouvelles offres de soins

Ecrit par T.L. – le mercredi 11 février 2026 à 08H13

Les investissements se poursuivent au Centre hospitalier universitaire, malgré un plan de retour à l’équilibre drastique sur trois ans. Lors d’un point presse, le directeur général Lionel Calenge a insisté sur les nouvelles offres de soins et sur certaines prises en charge récentes, comme la craniosténose chez les nourrissons ou les infections ostéo-articulaires complexes.

Premier rendez-vous presse de l’année 2026 ce mardi 10 février pour Lionel Calenge, le directeur général du CHU. Comme à son habitude, il a insisté sur « la dynamique extrêmement nourrie de l'activité en 2025 », en hausse de +6%, laquelle fait du Centre hospitalier universitaire de La Réunion « un CHU atypique sur le plan national ».

Un plan de retour à l’équilibre exigeant

Vantant un CHU « parmi les plus dynamiques dans les domaines de la médecine, de la chirurgie et de l’obstétrique », Lionel Calenge a rappelé que son établissement s’était classé dans le TOP 50 du magazine Le Point en décembre dernier. Le CHU de La Réunion doit ouvrir une « unité de médecine post-urgence d'ici fin 2026 » et « construit des blocs opératoires sur le CHU Sud » pour une livraison espérée au deuxième trimestre 2027.

Côté nouvelles offres de soins, Lionel Calenge a cité l’hôpital de jour de prise en charge du diabète au CHU Nord (adultes et pédiatrie), l’hôpital de jour pour le suivi des patients greffés du rein, attendu fin 2027, ou encore l’ouverture d’une activité sur les pompes intrathécales.

Le DG a toutefois souligné une « situation de plan de retour à l’équilibre exigeant sur trois ans » pour un montant de 53 millions d’euros.

Mpox : un deuxième cas à La Réunion

L’actualité immédiate du CHU, c’est aussi la surveillance de l’évolution du Mpox, un cousin de la variole « à transmission potentiellement interhumaine ou via les animaux », a rappelé Rodolphe Manaquin, chef du pôle infectiologie immunologie. Selon le médecin, un deuxième cas de malade est actuellement pris en charge au CHU. Comme pour le cas précédent, il s‘agirait d’un homme revenant de Madagascar, où le virus semble hors de contrôle au regard des faibles moyens sanitaires dont dispose la Grande Île.

Une campagne de vaccination contre la variole va être engagée dans les centres de dépistage IST (infections sexuellement transmissibles) de La Réunion auprès des travailleurs du sexe, mais le Dr Rodolphe Manaquin incite aussi les voyageurs à destination de Madagascar et pouvant s‘exposer, comme les travailleurs humanitaires, à se faire vacciner. L’efficacité du vaccin débute 14 jours après l’injection de la seconde dose.

Des prises en charge pour éviter les Évasan

Récemment labellisé centre de référence des infections ostéo-articulaires complexes (CRIOAc), le CHU de La Réunion s’est vu présenter 327 dossiers en 2025 de personnes pouvant potentiellement être atteintes, avec des risques pouvant aller jusqu’à l’amputation.

La biologiste médicale Anne-Gaëlle Leroy souligne que l’infection ostéo-articulaire nécessite une identification très précise des antibiotiques à administrer, tandis que le chirurgien Xavier Bouilloux relève que la prise en charge locale permet d’éviter des Évasan, souvent compliquées à appréhender pour les patients ou leurs familles.

Même principe pour la prise en charge de la craniosténose, une pathologie du crâne qui touche les nourrissons et qui peut être opérée au CHU de Saint-Pierre depuis 2024 : le coût économique de l’Évasan, sans parler de ses complications, est épargné aux familles.

Des nourrissons opérés à quatre mois

L’anesthésiste pédiatrique Anaïs Marie ajoute que l’opération est sensible, puisqu’il convient dans l’idéal d’y avoir recours quand le bébé est âgé de quatre à six mois, un stade où son volume sanguin ne dépasse pas les 500 ml. « Comme sur le Tour de France », le nourrisson se voit injecter de l’EPO pour augmenter son taux d’hémoglobine et réduire les risques de pertes sanguines.

Six interventions chirurgicales ont eu lieu depuis 2024 avec succès et le CHU concède n’avoir pas encore communiqué auprès des médecins de ville sur cette prise en charge locale.

Etiquettes : CHU | Mpox

Dans la même rubrique

0💬
Tri :