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Chronique judiciaire : Des mères dépassées et violentes devant la justice

Une audience du tribunal correctionnel particulièrement “féminine, c'est très rare”, note la présidente. En effet, quatre mères de famille ont été jugées mardi pour des violences. Pour trois d'entre elles, il s'agissait de violences sur leurs enfants.

Ecrit par P.B. – le samedi 15 juin 2024 à 17H48

“J’ai le droit de frapper mon fils quand il fait des bêtises”, a lancé Ambre* à ses voisins qui lui demandent d’arrêter de frapper son fils alors qu’il est au sol. Ce dimanche soir d’avril dernier, Cette mère de 44 ans perd le contrôle parce que son fils de 13 ans ne veut pas aller à l’école le lendemain. Le conflit commence à table et se poursuit à l’extérieur. D’abord les “hurlements horribles et les appels à l’aide”, décrit un voisin, et puis devant la maison, des coups au visage, au ventre sur l’enfant à terre, témoigne-t-il.

Deux jours d’ITT sont délivrés à l’adolescent pour les violences subies.

Que ce soit à l’école ou dans son entourage, Ambre est souvent qualifiée de “bizarre”, voire comme “bipolaire” par le père de l’adolescent.

À la barre du tribunal, Ambre ne répond pas aux questions, coupe la parole ou lève régulièrement les yeux au ciel. La quadragénaire assure ne souffrir d’aucun trouble psychiatrique, mais reconnait ne pas avoir “beaucoup d’autorité”. Pour se faire entendre de son adolescent, la mère donne des fessées, avoue-t-elle. “Je suis la mère poule de tous les enfants du quartier. Ils venaient tous chez moi quand leurs parents les abandonnaient”, s’érige-t-elle en bonne samaritaine. À la lecture du certificat médical et psychologique de son fils, Ambre, mère célibataire, concède : “ c’est vrai que j’étais à bout. Je suis contente que son papa ait enfin pris le relais”.

“Madame nous raconte n’importe quoi. On a le droit à tout : c’est la faute des voisins, du collège, des autres parents et aucune remise en question”, tance le parquet.

Si Me Frédéric Hoarau rejoint le parquet sur l’incapacité de sa cliente à prendre conscience de ses difficultés, il pointe en revanche l’absence d’expertise psychiatrique dans ce dossier empreint de “ladilafé”.

Ambre est condamnée à suivre un suivi socio-judiciaire durant cinq ans et à 18 mois de prison en cas de non-respect. L’exercice de son droit parental lui a été retiré et elle a interdiction de contact ou de paraitre au domicile de son fils hors droit de visite.

 

Des claques “pas pour faire mal”

 

Jessica élève, elle aussi, ses deux filles de 14 et 11 ans, seule la semaine. La jeune femme ne parvient toujours pas à comprendre pourquoi elle est aujourd’hui à la barre. En octobre 2021, le père des filles dépose plainte. Toutes les deux dénoncent gifles et claques tous les jours, mais aussi des insultes.

Des claques “pas pour faire mal”, pour corriger ou encore “pour qu’elles ne tombent pas”, explique naïvement Jessica qui assure aimer ses enfants et refuse de croire aux faits dénoncés. “ Mes filles ne veulent pas de mal à leur maman. Ça m’étonne qu’elles aient dit ces mensonges”. Les filles de Jessica vivent désormais chez leur père.

“Ce n’est pas une question d’amour. Des fois, on les éduque et on se trompe, on fait les choses mal”, tente de lui faire comprendre la présidente.

Son casier étant vierge, Jessica est condamnée à suivre un stage de responsabilité parentale à effectuer dans les six mois sous peine de trois mois de prison.

 

Frappée avec le chargeur du téléphone

 

Six enfants dont trois qui sont suivis pour des troubles du spectre autistique. Nadia* est accusée d’avoir frappé sa fille de sept ans avec le chargeur du téléphone. Le signalement a été fait par l’école de l’enfant scolarisée en Ulis.

Les conclusions de l’expertise concluent à une enfant particulièrement vulnérable, avec une déficience mentale probable et constatent de nombreuses lésions qui pourraient correspondre aux dénonciations faites. Nadia qui élève ses enfants seule, assure n’avoir fait que menacer de la frapper.

Une version qui ne convainc pas le tribunal, mais qui prononce tout de même la relaxe. La citation fait état d’une période de prévention d’une journée antérieure aux faits qui n’ont pas été précisément datés.

 

Ivre, elle s’introduit dans l’école maternelle de sa fille

 

Béatrice* est alcoolique. Le 10 octobre 2023, elle s’est introduite dans l’école maternelle de sa fille. La femme de 46 ans a blessé une agente en poussant violemment le portail réservé au personnel et est arrivée jusqu’à la classe de sa fille de cinq ans. Béatrice voulait absolument payer les photos d’école.

“Je regrette. Je ne bois plus”, présente ses excuses, Béatrice qui évoque le décès d’un mari et l’emprisonnement pour encore de longues années de son actuel compagnon.

Pour les intérêts de l’employée communale de Saint-Leu, Me Soizic Panefieu reconnait que la réflexion de la prévenue est “intéressante et va permettre à sa cliente d’avancer”.

Reste que le casier de Béatrice comporte plusieurs mentions, notamment pour violences. “À un moment ou à un autre, ça va être de la prison ferme avec toutes les conséquences que cela aura sur votre fille”, tance le procureur.

Béatrice est condamnée à suivre un stage de citoyenneté dans un délai de six mois sous peine de trois mois de prison. Elle devra régler 600 euros de dommages et intérêts à la victime avec qui elle a l’interdiction de contact pendant un an.

Thèmes : Enfants | Tribunal | Violences
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