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Christian Vittori : Ils ont oublié « Jacob »

Ils ont oublié « Jacob » Les dossiers de presse sur l’abolition de l’esclavage grâce à l’avènement de la 2e République en 1848 et la venue de Sarda Garriga sont comme chaque année relativement complets mais parfois répétitifs dans leur contenu. Heureusement que des ouvertures ont été initiées par des communes qui, avec la venue […]

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 28 janvier 2015 à 11H24

Ils ont oublié « Jacob »

Les dossiers de presse sur l’abolition de l’esclavage grâce à l’avènement de la 2e République en 1848 et la venue de Sarda Garriga sont comme chaque année relativement complets mais parfois répétitifs dans leur contenu.
Heureusement que des ouvertures ont été initiées par des communes qui, avec la venue des chanteurs Malgaches et Africains nous ouvrent sur des nouvelles sonorités… qui chantent la fraternité.
La société des Amis des Noirs qui a accompagné le processus d’émancipation devrait être plus évoqué.
Ainsi que le magnifique témoignage des jeunes créoles de Paris en 1848, manifeste on ne peut plus explicite signé entre autres, Auguste Lacaussade et Charles Marie Leconte de Lisle qui ne se reconnaissaient pas dans l’iniquité d’un passé obscur et en appelaient à la conscience de l’homme debout dans sa dignité.
Autre grande figure, méconnue est celle d’un courageux esclave, « Jacob » (par la suite affranchi) qui, de son propre chef, fut le premier à oser aller dans l’enclos de la Fournaise réputé alors comme le repère de … Lucifer.
Tous les créoles d’alors étaient terrifiés par l’inconnu et Bellecombe pour sa part était pris de terribles coliques.
Si justice non conventionnelle était, le Pas de Bellecombe deviendrait celui de Jacob ?
Dans les oublis de la locale littérature afin que l’on puisse éviter comme le rappelait Rabelais, du syndrome du « devenir des coxigrues » ? Saint-Paul a oublié l’hommage à Evariste de Parny et de célébrer l’anniversaire le 19 décembre du journaliste, poète et romancier Eugène Dayot, lui qui avant Victor Hugo s’érigeait contre la peine de mort dans son vibrant poème « La Hache ».
Que notre ami historien Raoul Lucas me pardonne, mais les descriptions de Dayot sont plus prégnantes que celles d’Houat qui demeurent très intéressantes.
Rappelons que notre bien aimé et regretté Jacques Lougnon avait installé symboliquement sur le toit de sa maison un grand fauteuil, celui du Roi Phaonce, duquel on observait d’une façon libre et amusée le profane littoral. Il serait aujourd’hui médusé par le peu d’enthousiasme de sa commune à ce qui fait l’essence de notre présence, la reconnaissance des œuvres.
Cela pour raviver une mémoire éclairée mais aussi pour l’identification nécessaire de la population ou pour tous les touristes curieux qui ne viennent pas que pour le rocher, l’arbre ou les oiseaux que nous devons certes préserver, mais pour le regard d’amour que l’homme a eu sur son environnement au fil des siècles.
Cela est encore plus qu’un devoir de culture, c’est une dynamique heureuse, une créativité interne pour que l’art et l’écriture s’épanouissent dans une économie solidaire et volontaire.
Comme le rappelait Voltaire, dans le déchainement des médias visuels dont l’objet est de formater sans penser ou de noyer l’individu dans un déferlement d’informations, ne faut-il pas plus « cultiver son jardin » ?

Christian Vittori
Le 28 janvier 2015

 

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