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Chers candidats, qui que vous soyez… allez vous enfin aborder la question des nuisances-sonores et du tourisme-motorisé de loisir?

Si le BRUIT coûte 57 milliards d’euros par an en France selon l’ADEME, la Réunion particulièrement touchée par ce fléau a sûrement intérêt à gérer la question des NUISANCES-SONORES… CILAOS ainsi que Mafate et même Salazie, sont tous les trois SINISTRÉS par le vacarme du tourisme-aérien. Cette pollution-sonore dure « en temps normal » 6 à 8 […]

Ecrit par Jean Thevenet, bio-acousticien, habitant de CILAOS depuis 1993 – le samedi 08 mai 2021 à 17H32

Si le BRUIT coûte 57 milliards d’euros par an en France selon l’ADEME, la Réunion particulièrement touchée par ce fléau a sûrement intérêt à gérer la question des NUISANCES-SONORES…

CILAOS ainsi que Mafate et même Salazie, sont tous les trois SINISTRÉS par le vacarme du tourisme-aérien.

Cette pollution-sonore dure « en temps normal » 6 à 8 heures par jour sous forme de passages à quelques minutes d’intervalle, bouffant toute la matinée et rognant de plus en plus ce qui reste de la journée.

Si on mesure quantitativement cette nuisance, elle correspond à un trafic-routier de plusieurs milliers de voitures par jour à proximité immédiate (environ 1500/matin si 50 hélicos), à la différence près que c’est partout, autant dans les zones-résidentielles qu’en pleine forêt, urbanisant ce qu’il nous restait de trésors naturels.

On détruit ce qu’il nous restait de Patrimoine et de cadre attrayant, les derniers espaces de ressourcement, nature et bien-être de L’île, son charme, et l’ambiance des Hauts. 

Le paysage est totalement modifié, la perturbation des oiseaux accélère celle des plantes, affectant réellement le paysage visuel, le ressenti des lieux est dégradé, la qualité de vie dégradée, et sur le plan quantitatif, les dégâts-sanitaires coûtent probablement bien plus que l’apport de cette activité polluante (stress ou effets-somatiques d’un stress non-reconnu). Le coût-sanitaire dépasserait le million d’euros rien qu’à CILAOS (abaque de l’ADEME: y entrer intensité-durée de ce surplus de pollution-sonore = 1.5 millions d’Euros/an CILAOS).

L’usage des hélicoptères à fenestron type EC130B4, H130, et pire encore le H120, ont augmenté d’un nouveau cran les nuisances des Hélicos depuis 2016: encore plus de vibrations et de hurlement prolongé du rotor-arrière.

La pollution des aéronefs n’est pas non plus négligeable en rejets chimiques: l’équivalent de ceux de milliers de voitures crachés dans des zones plus vulnérables d’où des irisations d’hydrocarbures dans l’eau de ruissellement près des 3 Salazes. 

Ce tourisme archaïque est totalement contraire à l’idée de transition-énergétique, et SURTOUT, répandre du bruit aussi longtemps et partout est en train d’éradiquer le chant des oiseaux-endémiques, et le Zoiseau-la-vierge mascotte des « Espaces Naturels Sensibles » perd rapidement ses populations depuis l’étalement-horaire des survols et leur généralisation après 2017!

Retrouver de partout dans les lieux les plus prestigieux de L’île cette « poubelle sonore », est une honte, d’autant plus que les gens commencent, surtout parmi les touristes, à se rendre compte des bienfaits du calme: savoir dans le monde-entier que la Réunion est encore « une île à hélicoptères » est un épouvantail-touristique: il ne reste donc plus que des touristes attirés par la Pub ou affinitaires, dont le comportement tend à être irrespectueux et destructeur de la nature qu’ils abordent comme « un parc de loisirs » sans conscience de la fragilité et de son caractère précieux. 

Même les parisiens ont fait l’expérience des chants d’oiseaux au calme au soleil de printemps, à Paris-même! À Tokyo la nature est honorée, chaque jardin et rue calme est un hommage à la nature…  Visiter ici un Haut-lieu de la biodiversité-mondiale inscrit à l’UNESCO et Parc-National, dans un tel vacarme, est une véritable honte pour La Réunion, « on se croirait dans une république bananière où règne la corruption ». 

Il y a des solutions: compacter temporellement la nuisance, exclure les cirques des survols-panoramiques, concentrer l’activité des baptêmes-de-l’air dans des zones moins sensibles, et que ce soit pour le transport-touristique et pour la plupart des denrées hélitreuillées, redécouvrir le service des caravanes de mules, des porteurs correctement payés et relayés pour « les handicapés », des câbles de monte-charge, de petits téléphériques ou télésièges, évitant cette dépendance aux hélicoptères, lesquels devraient être réservés aux urgences et au secours…

Sur le même registre de LA POLLUTION-SONORE… Il est tout un mode de vie acquis sur l’exemple et « l’ambiance-la-Réunion »: faire tout ce que l’on veut sans tenir compte des autres qui ne diront rien car « gentils et tolérants » ravalant leur ressenti…

 C’est ainsi que des touristes font de l’Hélico ou de l’autogire dans les Cirques, que des locaux enferment des chiens sous les fenêtres du voisin ou louent une location-saisonnière pour faire tapage toute la nuit: la violence intérieure monte d’un cran… et du coup, la pollution-sonore est devenue le fléau numéro 1 de L’île, le terrain d’une partie de cette maltraitance animale et violence entre humains, la source de tant de conflits larvés finissant en drames… Le RESPECT des habitants et la « prise en compte » du FLÉAU-SANITAIRE DE LA POLLUTION-SONORE devraient être un chantier prioritaire.

 

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