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Chapitre consacré à mon idole Françoise Hardy

Alors que Françoise Hardy nous a quittés cette semaine, Gillette Aho tient à partager avec les lecteurs de Zinfos 974 le chapitre qu'elle lui avait consacré dans son futur ouvrage à paraître cette année.

Ecrit par Gilette Aho – le dimanche 16 juin 2024 à 16H16

Casque sur les oreilles, la voix intime de Françoise Hardy m’escorte par monts et par vaux. Les chansons de mon idole tournent en boucle dans mon walkman :

V.I.P most important person to me
V.I.P bienvenue à Paris-Orly
Duty-free, just, just him and me
V.I.P. première classe, accueil garanti
V.I.P. like a glass of Glenmorangie.

Le timbre ineffable est en fond sonore de mes moments musicaux. Mon idole ne donne pas de concerts…. Je ne la verrais jamais sur scène, je ne la croiserais pas non plus sur les plateaux de télévision, ni dans les rues parisiennes. Elle n’offre que sa voix, ses textes et de jolis clips à ses fans. Cela me suffit. J’habite sur l’île Saint-Louis, à quelques rues de son ancien appartement. J’apprends par des commerçants du quartier : « qu’elle vit sur une autre planète, qu’elle a un sale caractère, qu’elle pratique du yoga ». Elle me plait davantage. Je continue de glaner ici et là des informations à son propos.

Une véritable artiste, talentueuse, sibylline. Elle compose ses textes elle-même. A la lecture, à l’écoute, à la vision de chacune de ses différentes interviews, je ne saurais jamais dans quelles conditions elle écrit ses chansons. En collaboration avec d’autres chanteurs ? Seule à son bureau ou dans un studio ? Serait-elle inspirée ou peut-être désirerait-elle passer des messages ? Elle répète à qui veut l’entendre « qu’elle est surprise par ses propres succès et reconnait qu’elle joue très mal à la guitare » …

En 1987, elle offre une autre facette de son talent : elle chante avec Etienne Daho. Cela donne un duo surprenant.

Et si je m’en vais avant toi
Dis-toi bien que je serais là
J’épouserai la pluie, le vent, le soleil et les éléments
Pour te caresser tout le temps

L’air sera tiède et léger
Comme tu aimes

Et si tu ne le comprends pas
Très vite tu me reconnaîtras
Car moi je deviendrai méchante, j’épouserai une tourmente
Pour te faire mal et te faire froid.

Elle dit aussi qu’elle ne se voit pas chanter après 40 ans. Elle s’initie à la graphologie, à l’astrologie. Elle possède sa propre émission sur Radio Monte Carlo « Entre les lignes, entre les signes ». A coup sûr, elle a dû se poser des questions existentielles comme tout un chacun d’entre nous. Probablement aussi en raison des vies tourmentées dont elle a été témoin. Celle de sa mère-célibataire qui n’avait de cesse d’attendre un homme marié. Celle de sa sœur Michèle Hardy broyée par des psychoses. Elle-même Françoise Hardy souffre de divers complexes trahis par un manque de confiance. La chanson lui a permis d’oublier ses multiples contrariétés. Maintenant, elle fait le choix de l’astrologie.

Elle décrypte les étoiles, les astres, les planètes. De son point de vue, un signe astrologique ne serait qu’une alternance déterminée par le rapport spécifique entre la durée du jour et celle de la nuit ! elle cherche, elle s’interroge, elle se trompe, se fait assister par une experte en graphologie.

Elle rédige en 1988, l’ouvrage « les rythmes du zodiaque » publié aux éditions Monte Carlo et en 1990 « l’astrologie universelle » chez Albin Michel.

Elle fermera la parenthèse astrale (ouf) et reviendra à la chanson. Dans sa discographie mon titre fétiche est « la maison où j’ai grandi ». Je me suis approprié la mélodie dès que je l’ai entendue à la radio. Je devais avoir 10-12 ans. Est-ce la mélancolie dégagée par les paroles ? La voix céleste de l’interprète ? le tempo du guitariste ? Une chanson d’Adriano Celentano que la chanteuse fait retravailler avant de l’interpréter.

Un compositeur musical parisien m’expliquait le succès de « la maison où j’ai grandi » : « les paroles, la musique, la voix de l’interprète sont en harmonies. C’est ça l’alchimie, la fluidité musicale. Les artistes ont un besoin vital de sublimer leurs tourments.  La cadence est gaie. En l’écoutant cela donne envie de retourner dans le passé, retrouver les siens ».

J’ai écouté ce titre phare plus d’un millier de fois au cours des années passées. Je ne cesse encore de le faire. Vers quel passé ai-je envie de retourner ?

Lorsque Françoise Hardy reprend la plume musicale, elle compose pour Louis Chedid, Julien Clerc de douces mélancolies comme elle sait transmettre…

Fais-moi une place

Au fond d’ta bulle

Et si j’t’agace

Si j’suis trop nul

Je deviendrai

Tout pâle, tout muet, tout p’tit

Pour que tu m’oublies

Fais-moi une place

Au fond d’ton cœur

Pour que j’t’embrasse

Lorsque tu pleures

Je deviendrai

Tout fou, tout clown, gentil

Pour qu’tu souries…

 

(Extrait du manuscrit : Retrouver le chemin de l’écriture. G. Aho éditions Lu&Approuvé à paraître en octobre 2024 ).

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