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"C'était pas pour le tuer, c'était juste pour lui faire peur"​

L'audience de comparution immédiate de ce vendredi à Champ fleuri s'est clôturée par une affaire de violences aggravées. Les faits se sont déroulés à Saint-Denis le 2 mai. L'agresseur était passablement alcoolisé au moment des faits et aurait pu finir devant une cour d'assises.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 6 mai 2022 à 20H39

Jules S., 32 ans., est au téléphone avec son employeur qui ne veut pas le payer. Très énervé, il est accroupi devant l'entrée d'un bâtiment, en face de chez sa mère. Un homme sort de l'immeuble et le regarde. Il se sent agressé et le prend à partie. Très alcoolisé, il brandit un sabre tout en proférant des menaces de mort à son égard.

Jules S. lève le bras, sabre en main, laissant à peine le temps à la victime de jeter son vélo sur lui pour se protéger. L'homme sera malheureusement touché au front et à la nuque, légèrement fort heureusement. Il s'en sort avec une ITT de 2 jours et des points de suture. Le prévenu s'en va puis est interpellé chez lui peu de temps après. Il est placé en garde à vue et sera contrôlé avec 2,22 g d'alcool par litre dans le sang. 

"C'était pas pour le tuer, c'était juste pour lui faire peur"​

"C'était pas pour le tuer, c'était juste pour lui faire peur", explique le prévenu à la barre. Un témoin mineur viendra corroborer la version de la victime. Il s'avère qu'il a rapidement compris la situation et permis à l'homme blessé d'entrer dans le bâtiment pour le protéger.

Le prévenu réfute totalement les menaces de mort précédant l'agression. "Il s'est relevé et m'a agressé. J'ai pu lui jeter mon vélo pour me protéger car il avait son sabre à la main", témoigne la victime au tribunal. L'agresseur reconnait avoir un problème avec l'alcool et indique s'être renseigné pour un suivi en addiction. "Il avait l'intention d'en découdre, il avait le sabre à la main le bras levé. Il est connu pour être violent", plaide la partie civile. 

"Le prévenu est en état d'ivresse au moment des faits"

"Les déclarations de la victime sont constantes, c'est lui qui se fait agresser. Un témoin confirme sa version des faits. Le prévenu est en état d'ivresse au moment des faits avec un taux qui inquiète. Je vous demande une peine de 2 ans de prison assortie d'une année de sursis probatoire ainsi que le maintien en détention", requiert le parquet.

"La peine est disproportionnée", plaide la défense, ajoutant que "ce qu'il lui faut, ce sont des soins, c'est très important en raison de son problème d'alcool. Rien ne justifie une peine avec un maintien en détention. Il n'a que 5 mentions et la dernière date de 2021 et ce n'est qu'une amende".

Jules S. est reconnu coupable par le tribunal qui le condamne à la peine de 18 mois de prison dont 9 mois assortis d'un sursis probatoire. Il est maintenu en détention. 

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