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"Ce qui se passe au Grand Raid est censé rester au Grand Raid" : le président revendique une gestion interne

Ecrit par Julien Delarue – le mardi 17 février 2026 à 06H29
Photo d'illustration (photo : Alexandre Robert)

Mis en cause dans un article de Zinfos974 évoquant la suspension pour harcèlement moral de la trésorière historique, un contrôle fiscal en cours et des tensions internes, le président du Grand Raid, Pierre Maunier, a organisé une conférence de presse pour y répondre. S’il ne nie ni la procédure interne ni le contrôle, il conteste leur interprétation et assume une ligne claire : les affaires du Grand Raid doivent rester internes.

Il avait refusé de répondre aux questions que nous lui avions adressées par écrit. Il a finalement choisi de convoquer la presse. Soit. L’objectif : "un droit de réponse", précise-t-il d’emblée de jeu. Autour de la table, plusieurs membres du bureau directeur. Et le ton est donné dès l’ouverture, sur le mode de l’ironie : "Ils sont vachement en burn-out, ils sont dépressifs au possible…" lance-t-il en présentant les personnes à ses côtés, avant d’évoquer sa "gouvernance dictatoriale" qui lui est reprochée, et qu’il tourne bien évidemment en dérision : "Vous voyez que j’ai tout à fait l’air d’un dictateur avec le fouet qui va bien accroché au mur…".

"La trésorerie du Grand Raid se porte très bien"

Sur le fond, le président ne nie aucun des éléments évoqués ces dernières semaines en coulisse et dont nous avions fait écho. Il confirme bien l’existence d’un contrôle fiscal : "Le contrôle fiscal, il est normal, puisque toutes les entreprises et les associations qui existent y ont droit." Il insiste sur la solidité financière de l’association : "La trésorerie du Grand Raid se porte très bien. Nous n’avons pas de difficultés financières." Avant d’ajouter, dans une formule plus ambiguë : "Quand un contrôleur fiscal vient chez vous, en général, c’est que déjà, il a une petite idée sur la question…". Nous n'en saurons pas plus. Le contrôle, précise-t-il, porte notamment sur la boutique. Mais pour lui, il n’y a "pas de soucis sur le sujet". Il rejette tout lien entre difficultés financières et vérification administrative, parlant "d’allégations totalement non changées" - comprendre, non fondées.

Lire aussi : Mise au placard, contrôle fiscal, crise de gouvernance... Le Grand Raid sur une mauvaise pente

Le second point sensible concerne la suspension provisoire de la trésorière, décidée après un signalement de harcèlement moral. Pierre Maunier rappelle le cadre : "Ça s’appelle des mesures conservatoires." Il insiste : "Ce n’est pas une suspension définitive. C’est une suspension à temps." Selon lui, la loi impose d’éloigner la personne mise en cause tant que les faits ne sont pas clarifiés. Mais il reconnaît dans le même temps que le salarié à l’origine du signalement "a décidé de ne pas aller plus loin" et que "maintenant, il n’y a plus de sujet."

"À partir du moment où on prend un avocat, ça veut dire qu’on a envie de faire la guerre."

Pourquoi alors la suspension perdure-t-elle ? Pour le président, la réponse tient à la procédure : tant que les auditions ne sont pas achevées, la mesure conservatoire reste en place. "Tant qu’elle n’aura pas adressé les mots qu’il faut aux auditeurs, on n’aura pas la réponse." Il reproche également à l’intéressée d’avoir pris un avocat : "À partir du moment où on prend un avocat, ça veut dire qu’on a envie de faire la guerre."

Interrogé sur les tensions internes et les départs successifs au sein du comité, Pierre Maunier développe longuement une autre grille de lecture : celle de la loyauté. "La loyauté, elle n’est pas à sens unilatéral", affirme-t-il. Il détaille quatre départs récents, assure n’avoir "pas mis le couteau sous la gorge" de qui que ce soit et évoque, notamment le départ de Thierry Chambrit, des désaccords sur l’utilisation du matériel du Grand Raid pour d’autres courses : "Et il trouve ça normal. C’est ça de la loyauté ?"

Le président réfute toute dérive autoritaire et renvoie à l’autonomie statutaire de l’association. Les membres du comité sont élus par les adhérents, mais "les fonctions au sein du comité et du bureau directeur sont faites par les membres du comité directeur et du bureau directeur." Autrement dit, les délégations relèvent d’un choix interne.

"Je n’ai pas à donner des explications sur des affaires internes à tout le public"

C’est d’ailleurs là que se situe sa ligne rouge. "Je n’ai pas à donner des explications sur des affaires internes à tout le public", tranche-t-il. Et d’ajouter : "Ce qui se passe au Grand Raid est censé rester au Grand Raid." Il dénonce des personnes qui "vont à l’extérieur et racontent n’importe quoi", estimant que ces sorties nuisent à l’institution en pleine période de renouvellement de contrats et de relations avec les partenaires.

À ses yeux, le débat ne devrait pas être public. "Les querelles de personnes, il y a un moment donné, il faut essayer de mettre un petit mouchoir dessus et avancer." Il reconnaît toutefois que les décisions prises peuvent être "humainement agressives", mais les juge nécessaires : "Quand il n’y a plus moyen de communiquer entre vous, arrivé à un moment donné, il va falloir se décider à divorcer."

Pierre Maunier : "Il va falloir un jour qu’on arrête un petit peu de me tirer dessus parce que ça commence un peu à bien faire."

Mais quand Pierre Maunier évoque que les affaires internes ne regardent pas l’extérieur, cette lecture peut être interprétée d'une autre manière. Il n'est pas sans rappeler que le Grand Raid gère des fonds publics, qu'il a des partenaires institutionnels et qu'il est sous contrôle fiscal. La frontière entre interne et public devient alors discutable.

Reste que la conférence n’a pas permis de lever toutes les interrogations. Pierre Maunier conclut sur un appel à cesser les critiques publiques : "Il va falloir un jour qu’on arrête un petit peu de me tirer dessus parce que ça commence un peu à bien faire." Avant de rappeler que lui n’est "que de passage" et que c’est "l’institution du Grand Raid" qu’il souhaite protéger.

La saison 2026, elle, se prépare. Mais en coulisses, la fracture semble loin d’être résorbée.

Etiquettes : Grand Raid | Pierre Maunier

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