Revenir à la rubrique : Société

"Ce qui m’intéresse, c’est l’humain avant tout, pas uniquement l’habitat" : que contient la nouvelle déclaration des droits des personnes sans-abri signée à La Possession ?

Ecrit par Maxime Bonnet – le vendredi 1 mai 2026 à 08H23

À La Possession, la Fondation pour le logement des défavorisés et la municipalité ont officialisé jeudi 30 avril une déclaration des droits des personnes sans-abri. Un texte présenté comme un outil de mobilisation face à la hausse des situations de grande précarité.

Quelques jours après la publication du rapport de la Fondation pour le logement à La Réunion, l'association continue de mobiliser les acteurs du logement. Ainsi, La Possession devient la onzième commune à signer la déclaration des droits des personnes sans-abri. élaborée au niveau national et européen, elle vise à rappeler un socle de droits fondamentaux et à encourager des actions concrètes face à la crise du logement.

"Vous connaissez mon combat depuis 21 ans"

Le maire de La Possession insiste sur la continuité de son engagement. « Vous connaissez le combat humain depuis plus de 21 ans à La Réunion sur le mal-logement », rappelle-t-il, en soulignant la relation de travail ancienne avec la Fondation. Il ajoute que la signature n’est pas symbolique : « Ce n’est pas seulement un document, un bout de papier », mais « un partenariat entre nous, nous menons ce combat ensemble. »

Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation du logement, replace cette démarche dans un contexte d’urgence sociale. « Aujourd’hui avec le maire, on a signé la déclaration des droits des personnes sans-abri », indique-t-il, en rappelant qu’il s’agit d’un texte qui « rappelle les droits fondamentaux des personnes les plus vulnérables face à la crise du logement ».

Il souligne également que « c’est la troisième mairie qui signe à La Réunion ».

Une situation d’urgence sur le terrain

Pour la Fondation, les indicateurs traduisent une aggravation nette. « Aujourd’hui, on n’a jamais eu autant de personnes sans-abri, jamais autant d’enfants qui n’ont pas été pris en charge par le 115 », alerte Matthieu Hoarau.

Lire aussi : "Tout le monde ne veut pas vivre dans un immeuble" : une mission parlementaire pour mieux connaître les réalités locales du logement à La Réunion

Il évoque notamment « près de 4.500 enfants concernés », dont « 300 non pris en charge l’an passé et 380 de moins de trois ans ». Il rapporte aussi des situations très précaires, avec « des familles avec des enfants de sept mois qui ont dormi dehors ».

Habitat indigne et réponses à construire

Au-delà de l’urgence, la Fondation met en avant la diversité des situations de mal-logement. « Nous avons mis en avant les visages de l’habitat indigne », explique-t-il, citant les cases en tôle, les logements dégradés ou les situations d’insalubrité.

Il insiste enfin sur la nécessité d’une approche globale. « Il faut qu’on cesse d’opposer propriétaires et locataires », affirme-t-il, en appelant à garantir à chacun « un logement digne et décent ».

Dans la même rubrique

0💬
Tri :