CCIR : un budget 2025 dans la continuité, mais teinté d'incertitudes

L'heure était au budget à la Chambre de commerce et d'industrie (CCIR), avec la présentation du budget prévisionnel pour 2025. Si la trajectoire arrêtée en début de mandature par son président, Pierrick Robert, est maintenue, quelques incertitudes planent néanmoins au-dessus de la chambre.
« C'est un budget en total accord avec notre feuille de route et la trajectoire que nous nous sommes fixés depuis le début de la mandature ; et ce malgré les impacts financiers, notamment certaines restrictions autour du projet de loi de finances 2025 qui affectent le réseau des CCI de France », explique en préambule le président de la CCIR, Pierrick Robert.
Pas de versement de dividende de l'aéroport ? La pilule ne passe pas
Quels sont ces impacts ? Ils sont multiples. Le premier d'entre eux vient de l'aéroport Roland-Garros. Normalement, la CCIR est censée percevoir des dividendes de la part de l'aéroport, environ 900.000 euros. Ce ne fut pas le cas en 2024. « On a fait un cadeau d’un million d’euros, car l’aéroport n’a pas fait ce qu’il fallait. Nous n’avons rien pu faire car nous sommes minoritaires », lâche le trésorier Théophane Narayanin. Remonté contre le conseil de surveillance de l’aéroport, il espère bien que la CCIR touchera cette somme en 2025. « Il faudrait faire une contestation au nom de l’ensemble des élus. Il ne faut pas que cela se reproduise dans le futur », ajoute le président de la commission des finances de la chambre consulaire, Mohamad Raza Djafaraly. Sur ce point, le président a assuré que cette contestation avait été remontée, en vain.
Autre inquiétude sur les finances de la CCIR : le prochain vote du budget 2025. Des prélèvements sur la Taxe pour Frais de Chambre (TFC) exercent une pression importante sur les finances du réseau CCI France, notamment en Outre-mer. À La Réunion, l’impact attendu pour 2025 pourrait atteindre 5 millions d’euros. Ce budget 2025 marque un tournant pour le réseau des CCI, dont les capacités financières se retrouvent réduites. Une situation d’autant plus handicapante que le réseau doit répondre à une demande croissante de « proximité avec les entreprises, tout en disposant de moyens limités », rapporte Pierrick Robert.
18 millions d'euros d'investissement en 2025
Ludovic Serre, directeur général adjoint de la CCIR, explique que la trajectoire financière du réseau prévoit un prélèvement cumulé de 100 millions d’euros d’ici 2027. Pour l’année 2024, un prélèvement de 40 millions d’euros a déjà été réparti entre les différentes chambres en fonction de leur fonds de roulement. Cette répartition a fortement impacté les CCI d’Outre-mer, avec des prélèvements atteignant 5 millions d’euros pour La Réunion et 4 millions pour Mayotte.
Afin de limiter ces prélèvements, une mission de réévaluation a été lancée pour 2025. Les acteurs ultramarins, regroupés au sein du réseau Outre-mer, mènent également des actions de lobbying auprès des pouvoirs publics. Ils espèrent obtenir un amendement favorable lors des débats sur le projet de loi de finances (PLF). « Cette situation nous oblige à faire des efforts significatifs, mais elle nous enlève aussi des moyens », regrette Pierrick Robert. L’espoir réside dans un ajustement du prélèvement initial pour préserver la mission des CCI, essentielle au tissu économique local.
Côté finances, le budget de fonctionnement s’élève à 31,4 millions d’euros (stable par rapport à l’année précédente). Le résultat net atteint 1,3 million d’euros (hors cession de foncier, il s’établit à 830.000 euros). La trésorerie de la CCIR s’élève à 5,3 millions d’euros et le fonds de roulement à 6,8 millions d’euros. Des chiffres bien en deçà du précédent budget, de l’ordre de 10 millions d’euros. La raison ? Le programme d’investissement de la chambre consulaire. En 2025, ce sont 18 millions d’euros sur fonds propres qui sont fléchés pour la construction, notamment, de la nouvelle maison de l’entreprise dans l’Est.


