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CBo: les vraies questions

Ecrit par zinfos974 – le mardi 3 septembre 2013 à 10H57

En cédant sa participation dans CBo à un groupe belge, Jacques de Chateauvieux, après son désengagement dans la filière-cannes, vient de remuer l'opinion, tellement sa décision de « quitter » la Réunion a surpris plus d'un, et a même été jugée comme une trahison. Le patrimoine réunionnais a été bradé, a-t-on dit ici ou là. Bien sûr, les syndicats agricoles sont montés au créneau, car CBo est avant tout un gros capital foncier, et la Réunion n'a pas beaucoup de terres disponibles pour équiper et produire selon ses besoins, construire et loger les services et les habitants. Et ce d'autant que la transition démographique claironnée depuis plus de dix ans par de grands prévisionnistes en politique ne s'installe toujours pas. Comme sur bien des dossiers difficiles, les élus n'ont pas vraiment commenté cet événement ; certains préfèrent regarder ailleurs, et d'autres n'ont plus que la ressource de ressasser que tout découle et se règle à partir d'une analyse globale mais qui, bien entendu, colle à leur tactique et à leur stratégie.

Point n'est besoin d'être un expert dans la finance pour comprendre que CBo ne se portait pas bien, plus dans la perspective à moyen terme que dans l'état du moment. De Chateauvieux, actionnaire de référence parce que fin connaisseur du contexte politique, sait manoeuvrer dans ces eaux-là, au niveau national avec le groupe Bourbon ou ici avec sa filiale. Hier, le grand ami des Chirac opérait aussi avec habileté dans les différents espaces du pouvoir local, tenus par la droite ou par la gauche, au point qu'il a réalisé de bons coups. Sa société a bénéficié directement ou indirectement des investissements publics pour réaliser des opérations de spéculation immobilière après des déclassements de ses terrains dans le voisinage des nouvelles zones irriguées. Et le comble, en laissant les planteurs qui travaillent ces nouvelles terres, toujours propriétés de CBo, et rendues exploitables par le basculement des eaux d'Est en Ouest, sous le coup d'un non-renouvellement des baux emphytéotiques de 25 ans ! Dans un silence assourdissant de la classe politique ! Quand on sait que dans ce cas, le bailleur n'est pas tenu de rembourser de quelque façon que ce soit les équipements qui y ont été apportés, on mesure la responsabilité des élus locaux qui ont préparé et couvert ces opérations.

Au fond, ce sont des considérations purement politiciennes des élus qui mettent en danger notre patrimoine. D'autant que CBo est en train de devenir le bailleur de toute la Réunion, non pas que le privé doive perdre sa liberté d'entreprendre dans l'immobilier professionnel, mais dans le risque qu'il devienne principalement le bailleur d'un certain nombre d'institutions locales qui ne construisent plus pour abriter leurs services et qui vraisemblablement se contentent de payer ad vitam aeternam des loyers à cette société.

C'est la vigilance des citoyens qui permet de casser ces connivences. L'occasion leur sera donnée pendant la campagne des municipales, en interpelant les sortants et en poussant les autres candidats à se positionner clairement sur un nouveau partenariat avec cette société, d'œuvrer pour le bien public.

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

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