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Cavadee, les aiguilles de la souffrance, de la dévotion et de la foi

Le temple de Saint-Benoît a conclu jeudi, dix jours de carême : régime alimentaire végétarien, abstinence sexuelle et prières, par la cérémonie du Cavadee. Le mot Cavadee signifie “Montagne ou cime de montagne”. La mythologie indienne raconte que cette tradition a été instaurée par Idumban qui pour remercier Mourouga, dieu tutélaire et père de Ganesh et Shiva, de l'avoir ramené à la vie, portera chaque année le Cavadee.

Ecrit par Photos : Pierre Marchal et textes : Jismy Ramoudou – le dimanche 07 juin 2009 à 08H38

Le Cavadee, c’est un bâton auquel le pénitent attache à chaque extrémité “une cime de montagne”. Ces “cimes de montagne” sont des arches de fleurs de différentes dimensions ou des cocos. Certains pénitents décident parfois que leur Cavadee sera un “coumbon”, un récipient rempli de lait.

Il y a également ceux ou celles qui choisissent de se transpercer le corps d’aiguilles de diverses longueurs. Certaines personnes peuvent enfoncer jusqu’à trois mille aiguilles dans la peau du dos, des épaules et des cuisses.

Ce jour-llà, l’une des pénitences, c’est de ne pas parler de toute la journée. Si la plupart des pénitents mettent “baîllon” sur la bouche, certaines personnes transpercent leur bouche ou leur langue d’une longue et grosse aiguille.

Dans la mythologie indienne, Mourouga a promis récompense et grâce à tous ceux qui porteront le Cavadee.

Comme plusieurs religions, la quête de la spiritualité se fait à travers l’exaltation de la souffrance. Sur la photo ci-contre, le pénitent augmente sa douleur physique en mettant un citron au bout des aiguilles crochues. Il reste ainsi pendant plusieurs heures. Et l’ultime épreuve sera de retirer ces aiguilles.

Il s’agit ici de remettre en cause de sa condition du moment, bonne ou moins bonne. Toutefois au final, la remise en cause doit être psychologique et spirituelle.

 

Sur cette photo, le Cavadee, “la montagne ou la cime de montagne” est une arche de bois, décorée avec dévotion. Comme Idumban dans la mythologie indienne, le pénitent porte son Cavadee sur ses épaules.

 

Les demandes de “grâce, de protection, de santé et de prospérité” sont la plupart à l’intention des enfants.

 

C’est à l’abri des regards que les aiguilles sont enfoncées dans le corps. L’épreuve est parfois intenable tout comme la douleur.

 

Lorsque les Cavadee sont prêts et les pénitents purifiés et parés de leurs aiguilles, un officiant bénit l’ensemble avant que le cortège ne se forme et prenne la direction du temple.

 

Les jeunes filles, au départ, portaient le Cavadee dans l’espoir de trouver un bon parti pour se marier. En Inde, si le garçon est une richesse, la fille doit avoir une dot pour espérer se marier.

 

Le Cavadee marque aussi la fin d’une période de sacrifice et de carême, c’est surtout le début d’une grande période fête et de joie.

 

La route vers le temple, pieds nus, est une autre épreuve, surtout s’il y a du soleil et que le bitume très chaude. Attention aux cloques !

 

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