Caméras, policiers municipaux, médiateurs… Saint-André muscle sa sécurité

La mairie a présenté ce lundi un plan de renforcement du dispositif municipal de sécurité portant sur l’embauche de dix policiers municipaux supplémentaires d’ici 2026, la création d’un nouveau poste en centre-ville, l’installation de nouvelles caméras ou encore la mise en place d’une médiation de nuit.
Mais avant d’évoquer le renforcement des moyens de sécurité, Joé Bédier a insisté sur l’importance de la prévention : « On ne naît pas délinquant, on le devient, c’est pour ça que nous investissons dans la prévention. Il n’y a pas de baguette magique. Un jeune qui grandit dans un cadre culturel, sportif, est dans un bon cadre et a de fortes chances de bien grandir », déclare le maire de Saint-André en préambule d’une conférence dédiée ce lundi à la sécurité communale.
Une nécessité, estime le premier magistrat : « À court terme, Saint-André tend à avoir une vie nocturne. Aujourd’hui, la ville ferme à 17 h et la vie recommence le lendemain. Une vie nocturne, c’est aussi une économie nocturne. Les gens doivent se sentir en sécurité (…) Face à la transformation rapide de Saint-André, il était nécessaire de franchir une nouvelle étape en matière de sécurité. »

Une police municipale réorganisée
Dans les faits, la mairie prévoit de porter les effectifs de la police municipale de 15 à 25 agents d’ici 2026. Cinq recrutements seront validés lors du prochain conseil municipal, le 10 septembre. Ce renfort permettra de réorganiser la police municipale.
« L’organisation sera plus spécialisée avec la création de quatre brigades », détaille le chef de la police municipale, Willy Jala.
Une brigade de sécurisation se verra affecter neuf agents avec pour mission de « renforcer notre présence dans les secteurs sensibles et intervenir rapidement en cas de conflit, en coordination avec la police nationale ». Cela dans « l’après-midi et en soirée (jusqu’à minuit) »,
Dédiée à la proximité, une autre brigade comptera six agents. Leur feuille de route : “Être présents sur le terrain, en patrouilles pédestres, à vélo ou en trottinettes, en contact direct avec la population ».
Les deux autres brigades seront consacrées à la salubrité publique (lutte contre les dépôts sauvages, épaves…) et à la partie administrative, pour recueillir les « doléances du quotidien, les problèmes de nuisances sonores, olfactives ou liés aux chiens errants ».
Un nouveau poste en centre-ville
Pour accueillir ces effectifs, un nouveau poste de police municipale va être créé dans les locaux de l’ancien commissariat, « idéalement situé en centre-ville ». L’investissement s’élève à un million d’euros pour une surface de près de 500 m². Le chantier doit débuter en septembre pour une livraison prévue au premier semestre 2026.
Le bâtiment abritera le futur CSU (centre de supervision urbain), depuis lequel les agents visionnent, via un mur d’écrans, toutes les images envoyées en direct par les caméras de vidéoprotection. Le projet bénéficie d’un financement dédié de 600.000 euros de l’État. En attendant, le CSU est hébergé temporairement dans un local situé à côté des bureaux de la police municipale.
Plus de caméras et le recours à l’IA
La mairie annonce en parallèle un renforcement de son réseau de caméras. Contre 60 aujourd’hui, 20 de plus doivent être installées progressivement, dont trois supplémentaires à Fayard (cinq déjà en place). Tous les axes entrants et sortants de la ville seront équipés de caméras avec lecture de plaques, ce qui permettra de « suivre » ou de retrouver un véhicule en particulier. Des caméras seront également implantées aux abords des établissements scolaires. Une « sécurisation » des mâts est également annoncée pour protéger les installations contre le vandalisme.
La municipalité mise aussi sur l’intelligence artificielle, capable de « repérer des rassemblements à risque, des départs de feu ou une personne tombée au sol ». Une technologie particulièrement utile en dehors des heures de visionnage pour assurer une veille permanente.

Médiation de nuit et dispositifs maintenus
Une cellule de médiation de nuit sera également mise en place d’ici septembre 2026, dans un premier temps à titre expérimental. Six médiateurs associatifs interviendront en trinômes, du jeudi au samedi, entre 17 h et 23 h, pour aller au contact de la population et prévenir les tensions.
Les représentants de la police nationale et du SDIS ont salué les mesures annoncées. « Je veux des policiers sur nos routes, des agents proches des familles et des jeunes, pour prévenir, rassurer et sécuriser. C’est un engagement ferme que je prends au nom de Saint-André et de son avenir », a conclu Joé Bédier.
La mairie précise que les dispositifs déjà déployés seront maintenus : la cellule Secur’Écoles (neuf agents devant les établissements scolaires) et le service de tranquillité publique pour les conflits de voisinage.



