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"Ça reste la nature, elle ne prévient pas" : face à l'imprévisibilité du volcan, le préfet assure "réexaminer" les modalités d'alerte

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le mardi 17 février 2026 à 14H24
Photo d'archives.

Interrogé par nos confrères d'Antenne Réunion ce mardi 17 février, le préfet Patrice Latron a livré sa première prise de parole depuis les récents épisodes éruptifs du Piton de la Fournaise. Aux côtés d’Aline Peltier, directrice de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, il a esquissé une ligne de crête, à savoir préserver l’émerveillement suscité par le volcan sans jamais transiger avec la sécurité. L’accès à l’enclos, lui, reste au cœur de "réflexions en cours".

Le Piton de la Fournaise fascine, attire, hypnotise. Mais il rappelle aussi, à chaque grondement, qu’il ne se laisse ni prévoir ni apprivoiser. Ce mardi 17 février, sur le plateau d’Antenne Réunion, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a choisi ses mots avec prudence, conscient de la tension qui habite l’île, à entendre l’envie irrépressible de voir, et la nécessité absolue de protéger.

"Permettre de profiter du spectacle exceptionnel tout en garantissant la sécurité de tous" : la formule, soigneusement pesée, résume l’équation délicate à laquelle sont confrontées les autorités. Depuis les récents épisodes éruptifs, l’enclos du volcan reste fermé au public, une décision qui frustre certains mais que l’État assume pleinement.

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Le préfet n’exclut toutefois pas des évolutions. Il confirme que des "réflexions [sont] en cours sur l’accès à l’enclos", signe que la question n’est pas figée, mais suspendue à l’analyse des risques. Car ici, chaque ouverture engage des vies, et chaque décision se mesure à l’aune de l’imprévisible.

"Cela reste la nature, elle ne prévient pas"

À ses côtés, la parole scientifique, incarnée par Aline Peltier, directrice de l’Observatoire volcanologique, rappelle une évidence que nul ne peut contourner. Le volcan reste un système vivant, complexe, indocile. Quid des randonneurs qui étaient dans l'enclos au moment où les fontaines de lave ont jailli de la montagne ? Patrice Latron le reconnaît sans détour : "Réexaminer les modalités d’alertes, qui ne sont pas si mauvaises… Mais ça reste la nature, elle ne prévient pas."

Cette humilité face aux forces naturelles irrigue l’ensemble de son intervention. Le préfet évoque aussi la nécessité d’un retour d’expérience qui "permet de revoir ce qui a marché, et ce qui a moins bien marché." Derrière cette phrase, une mécanique bien rodée de gestion de crise, à savoir analyser, corriger, améliorer. Sans précipitation.

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Car la tentation d’approcher le volcan est forte, notamment pour les photographes et vidéastes, professionnels ou passionnés, avides de saisir l’instant rare. Sur ce point, Patrice Latron entrouvre une porte, mais sans céder à l’imprudence. "On peut y réfléchir, au cas par cas", appuie-t-il. Une éventuelle dérogation ciblée, encadrée, qui reconnaît la valeur documentaire et artistique de ces regards, tout en maintenant un strict contrôle.

Mais le préfet insiste surtout sur un point, la responsabilité collective. "Je salue le civisme de la grande majorité des Réunionnais", souligne-t-il, dans une forme d’hommage à une population habituée à vivre au rythme de son volcan. Le respect des consignes, rappelle-t-il, n’est pas une formalité administrative, "c’est un enjeu de sécurité."

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