Bruno Retailleau accuse Lecornu : "Il m’a caché la nomination de Bruno Le Maire"

Bruno Retailleau a accusé Sébastien Lecornu de lui avoir caché la nomination de Bruno Le Maire aux Armées, précipitant la chute du gouvernement.
La crise politique continue de s'aggraver lundi 6 octobre après les révélations de Bruno Retailleau. Le président des Républicains et ministre de l’Intérieur démissionnaire accuse l’ex-Premier ministre Sébastien Lecornu de lui avoir délibérément caché la nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées, une décision qui a précipité la chute du gouvernement.
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Invité du journal de 13 heures sur TF1, Bruno Retailleau a dénoncé une tromperie de la part de Sébastien Lecornu : « Hier j’ai été reçu pendant 1h30 par le Premier ministre, quelques minutes avant que la composition du gouvernement ne soit donnée. Il m’a caché la nomination de Bruno Le Maire ». Selon lui, cette omission volontaire a rendu impossible toute coopération : « Comment voulez-vous, dans ces cas-là, pouvoir travailler en confiance dans l’intérêt des Français ? »
Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, a confirmé sa version sur RTL, assurant que Retailleau n’avait pas eu connaissance de la composition du gouvernement avant son annonce publique.
Le cas Bruno Le Maire, déclencheur de la rupture
La nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées a été vécue comme une provocation par Les Républicains. L’ancien ministre de l’Économie, accusé d’avoir creusé « 1000 milliards de dettes » entre 2017 et 2024, représentait pour eux l’exact contraire de la rupture promise par Sébastien Lecornu.
D’autant plus que Bruno Le Maire avait lui-même déclaré, le 22 septembre, qu’un retour au gouvernement était « totalement exclu ». Un revirement qualifié de « prime à l’incompétence » par Marine Tondelier (EELV) et de choix « pathétique » par Marine Le Pen.
Des Républicains ulcérés
Au-delà du cas Le Maire, Retailleau et son parti reprochaient un gouvernement trop déséquilibré : trois ministres LR seulement face à une quinzaine de macronistes. Les fédérations se sont rapidement enflammées : « Vu le casting du nouveau gouvernement qui n’intègre aucun nouveau LR, ça gueule fort fort sur les boucles internes », témoignait un cadre. Une sénatrice évoquait la « furie » des militants, dénonçant un « mépris pour les Français ».
Julien Aubert, vice-président des Républicains, a rappelé que « le nom de Bruno Le Maire n’a pas été évoqué » lors de la réunion préparatoire entre Retailleau et Lecornu, renforçant l’idée d’une dissimulation délibérée.
La chute du gouvernement Lecornu
Cette fracture a conduit Bruno Retailleau à convoquer un conseil stratégique d’urgence lundi matin et à menacer de retirer tous les ministres LR du gouvernement, ce qui aurait affaibli encore davantage Sébastien Lecornu.
Confronté à ce qu’il a lui-même qualifié de « problème de confiance », le Premier ministre a remis sa démission au président de la République, mettant fin à un gouvernement de seulement 27 jours, le plus court de la Ve République.
Bruno Retailleau, de son côté, affirme ne pas se sentir responsable de cette issue : « Je ne m’accroche pas à un fauteuil ». Mais sa dénonciation publique révèle la difficulté persistante à bâtir des coalitions solides dans un paysage politique de plus en plus éclaté.


