Bras-Panon : des orientations budgétaires ambitieuses dans un climat politique plus animé

Le premier conseil municipal de la nouvelle mandature à Bras-Panon, consacré notamment au débat d’orientations budgétaires (DOB), a donné le ton. Si l’ensemble des dossiers a été adopté à la majorité, les échanges ont été nettement plus vifs qu’au cours du précédent mandat, avec une opposition désormais plus audible,
incarnée par Patricia Profil et Lise-May Turpin face au maire nouvellement réélu, Jeannick Atchapa.
Un cap maintenu malgré un contexte contraint
Dans un contexte économique et social jugé "tendu", le maire de Bras-Panon a défendu des orientations budgétaires placées sous le signe de la prudence, tout en affichant une volonté d’investissement soutenue.
"Nous travaillons avec beaucoup de vigilance pour maintenir nos équilibres financiers, tout en étant impactés par des décisions qui ne nous appartiennent pas", explique Jeannick Atchapa, pointant notamment la disparition des contrats aidés PEC depuis janvier ou encore la hausse des coûts liée à l’inflation et au prix des carburants.
Malgré ces contraintes, la commune entend poursuivre sa dynamique. Pour 2026, plus de 16 millions d’euros d’investissements sont annoncés, un niveau bien supérieur à celui observé avant 2020. "Nous avons su préserver notre épargne et maintenir un excédent de fonctionnement de plus de 6 millions d’euros, ce qui nous permet d’investir sans recourir à l’emprunt", insiste l’édile.
Avec un taux de désendettement inférieur à trois ans – largement en dessous du seuil d’alerte – la municipalité met en avant une situation financière jugée saine, propice à la poursuite des projets structurants.
Des projets structurants pour transformer la commune
Parmi les axes majeurs de ces orientations budgétaires figurent plusieurs projets d’envergure, destinés à renforcer l’attractivité du territoire.
Le développement touristique s’appuie notamment sur le futur Parc Vanille Orchidée, un site d’un hectare dédié à la valorisation de la filière locale et à l’accueil de visiteurs. L’objectif affiché : plus que doubler la fréquentation touristique, en passant de 40.000 à 100.000 visiteurs.
En parallèle, la commune mise sur un important pôle médico-social, avec la création d’infrastructures telles qu’une clinique de rééducation, un centre de dialyse, un village Alzheimer ou encore un EHPAD attendu en 2027.
La sécurité constitue également un axe fort, avec le déploiement progressif d’un dispositif de vidéoprotection pouvant atteindre une cinquantaine de caméras sur l’ensemble du territoire communal.
Une opposition critique sur la trajectoire financière
Face à cette feuille de route, l’opposition n’a pas tardé à exprimer ses réserves. Patricia Profil s’est notamment inquiétée d’une dégradation de certains indicateurs financiers, pointant "une baisse de l’épargne" et des dépenses de fonctionnement en hausse plus rapide que les recettes.
Elle déplore également "un manque d’ambition" dans la politique d’investissement, tout en regrettant l’absence de bilan chiffré détaillé concernant la Foire agricole, dont le retour est prévu cette année.
Des critiques fermement rejetées par le maire, qui défend le bilan de son équipe. "En 2019, la commune investissait 3 millions d’euros. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 13 millions, et bientôt 16 millions. Je pense que les Panonnais voient la transformation de leur ville", rétorque Jeannick Atchapa.
Indemnités des élus : une controverse sur fond de lecture divergente
Autre point de tension : la majoration de 15 % des indemnités des élus, permise par le statut de chef-lieu de canton de Bras-Panon. Ces majorations d’indemnités liées au statut de chef-lieu de canton ne sont pas nouvelles. Elles existaient déjà avant la réforme territoriale de 2015, qui s’est contentée de les maintenir en les adaptant à la nouvelle organisation des cantons, sans en modifier le taux fixé à 15 %.
Pour Lise-May Turpin, cette mesure apparaît "indécente dans le contexte actuel", une analyse partagée par Patricia Profil, qui interroge "l’éthique" de cette décision.
La majorité, elle, réfute toute augmentation individuelle. Le maire insiste sur le fait qu’il s’agit d’une majoration légale de l’enveloppe globale, sans hausse des indemnités perçues par chaque élu, en raison d’une répartition différente liée au nombre d’élus. Jeannick Atchapa a également rappelé en séance que Patricia Profil avait elle-même voté ce dispositif de majoration lorsqu’elle était adjointe en 1995, sous la mandature de Jean-Marie Foudrain, accusant l’élue d’opposition d’entretenir la confusion sur ce sujet.
Alors qui dit vrai ? L’application d’une majoration de 15 % des indemnités, liée au statut de chef-lieu de canton, entraîne bien une hausse de l’enveloppe globale dédiée aux élus municipaux. Pour autant, cette augmentation ne se traduit pas nécessairement par une revalorisation individuelle. Dans le cas présent, la hausse du nombre d’élus au sein de la majorité conduit à une répartition différente de cette enveloppe, aboutissant même à une baisse des indemnités perçues par chaque élu. Une situation qui permet à la majorité d’affirmer qu’aucune augmentation individuelle n’a été appliquée, tandis que l’opposition peut, de son côté, dénoncer une progression des moyens globaux consacrés aux indemnités.
Une mandature qui s’annonce plus disputée
Au-delà des chiffres, ce conseil municipal marque surtout un tournant politique local. Après un précédent mandat relativement apaisé, les débats s’annoncent désormais plus animés au sein de l’assemblée.
Si la majorité conserve une assise solide, l’opposition entend visiblement peser davantage dans les discussions, notamment sur les questions budgétaires et de gouvernance.
Un nouveau rapport de force qui pourrait rythmer les prochaines années de la vie politique panonnaise.


