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BQP : L’OPMR demande à titre expérimental la suppression des marges arrières

En 2024, l'Observatoire des prix, marges et revenus (OPMR) de La Réunion ambitionne d'améliorer la communication sur le bouclier qualité prix (BQP), mais aussi de produire une étude croisant les données de l'Insee sur le coût de la vie dans l'île avec celles sur les revenus des habitants. L'OPMR entend en outre convaincre de l'intérêt de supprimer à titre expérimental les marges arrières pratiquées dans la grande distribution, afin d'évaluer leur effet sur les prix.

Ecrit par T.L. – le mardi 06 février 2024 à 08H28
Jocelyn Cavillot, vice-président de l'OPMR

Alors que les Réunionnais ont tenté de faire contre mauvaise fortune bon coeur lors des fêtes de fin d’année 2023 marquées par une inflation inquiétante, l’OMPR a repris son bâton de pèlerin ce lundi matin à l’occasion d’une conférence de presse de rentrée à Saint-Denis.

L’exercice était délicat. Prenant soin de n’écorner personne, tout en faisant le constat du peu de volonté de certains géants de la grande distribution de collaborer aux projets de l’OPMR, le vice-président Jocelyn Cavillot a déroulé les avancées qu’il souhaiterait obtenir ces prochains mois.

L’une des revendications concerne « le panier péi de 5 fruits et légumes » proposé en 2023 par une enseigne et que l’OPMR voudrait voir généralisé chez ses concurrentes. A La Réunion, le bouclier qualité prix (BQP) contient aujourd’hui 153 produits pour une valeur totale de 358 euros, mais certaines références sont régulièrement absentes des rayons des magasins.

« La quasi totalité des enseignes jouent le jeu, même si nous avons un taux de 13% de rupture : ça fait une vingtaine de produits qui manquent quand même. Et puis il y a une enseigne qui pose problème », insiste Jocelyn Cavillot, en évitant de nommer le mauvais élève. « Il y a un taux de rupture de 22% dans les produits frais. Dans les discussions qu’on aura en 2024, ce sera un point sur lequel on va attirer l’attention ».

Outre la volonté d’imposer la mise en place de sous-paniers alimentaires pour cibler un point crucial du pouvoir d’achat des ménages réunionnais, l’OMPR compte améliorer la signalétique sur le BQP dans les magasins, et convaincre l’Etat d’investir dans une campagne de communication à destination du grand public.

Mais la question de la formation des prix reste au coeur des préoccupations de Jocelyn Cavillot. « Nous demandons plus de contrôle sur les engagements pris et la suppression à titre expérimental des marges arrières afin de connaître leurs conséquences sur le prix et la transparence des prix », rappelle le vice-président de l’OPMR au sujet de ces remises différées et de ces accords commerciaux entre industriels et distributeurs.

Jocelyn Cavillot déplore aussi de ne disposer d’aucune donnée sur le BQP bricolage mis en place par une enseigne. « On veut des infos avant de demander un élargissement sur les pièces automobiles », fait-il valoir.

Toujours concernant la question des données, l’OPMR indique vouloir exploiter celles fournies par l’Insee, en croisant les chiffres sur le coût de la vie (+37% sur l’alimentaire par rapport à l’Hexagone) avec ceux sur le niveau de revenus des Réunionnais, dans le but de réaliser un « état des lieux » concret du contexte local.

« On fait des études mais que deviennent-elles ? Il faut reprendre des mesures issues de ces études, comme le développement du commerce de proximité », assène sans hausser le ton, avec la patience qui le caractérise, le vice-président de l’OPMR.

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Mi di Mi pense
20 jours il y a

 » l’Observatoire des prix, marges et revenus (OPMR)  » est un machin qui se termine par 2 bonbons piments, samoussas, un rince gorge mis sur table une fois la causette terminée où tout ce beau monde se contente d’une bande dessinée à partir des chiffres.

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