Billet de rentrée

Rien ne sert de courir, il faut partir à point...
En effet, pour sa troisième rentrée, le SNE-FGAF de la Réunion a pris le temps d’observer, avant de faire un commentaire sur la rentrée, avant de déclarer «qu’elle s’est bien déroulée».
L’observation a porté sur des écoles de deux des quatre courageuses communes ayant décidé de passer à 4,5 jours : La Possession et Saint-Benoît !
Comme prévu par le SNE-FGAF le bilan n’est guère encourageant : les animateurs des activités périscolaires ne sont pas tous formés, n’ont pas de BAFA, ne connaissent pas encore leur métier ni les enfants, sont exposés au risque de les voir s’égarer, les activités ne sont pas mises en place, les enfants se trompent de bus, les parents ne viennent pas toujours les chercher en temps et en heure, des ATSEM réquisitionnées (et sûrement pas en heure sup) qui se tapent pendant le TAP (temps d’activités périscolaires - euh c’est un peu facile...) des groupes de près de 20 petits...
Comme annoncé par le SNE-FGAF un sentiment de dégoût, d’injustice s’est déjà installé chez bon nombre d’enseignants : on rentre chez soi plus tard que l’an dernier, 3 heures de route par jour multipliées par 5 si on a la malchance d’habiter loin, l’après-midi passant vite il y a déperdition du temps d’enseignement et d’apprentissage, les élèves sont fatigués le vendredi, on constate un surcroît de travail chronophage sans rapport avec les apprentissages et un flou dans les responsabilités de chacun...
Comme envisagé par le SNE-FGAF on voit poindre les dangers de la «territorialisation» de l’école : une communication délicate source de malentendus entre mairie, régie des transport et école, le fait que les services municipaux renvoient systématiquement la balle aux directeurs quand il y a un souci avec des parents, des exigences particulières comme le pointage des enfants du TAP...
Arrêtons ici l’énumération des problèmes (on pourrait parler aussi de la gestion des remplaçants, du renouvellement ubuesque des contrats des secrétaires, ou des mercredis supplémentaires - jetez un oeil aux petites vacances d’octobre, mars et mai...). C’est bien la preuve qu’une réforme d’envergure ne s’improvise pas ! Rien ne sert de courir...
Peut-être que, dans le périscolaire, les choses vont s’améliorer après une période de rodage.
MAIS en ce qui concerne le scolaire, le mal est fait. L’amertume est là, le retour à 4 jours est espéré.
Nous le disons haut et fort : ce sont les collègues dans les écoles qui sont courageux (car malgré tout ils seront soucieux du travail accompli et de la réussite de leurs élèves, à moins qu’ils ne flanchent physiquement et moralement) !


