Serge Hoareau : "Petite-Île a su profiter de l'alignement des planètes financières"

Si Serge Hoareau se réjouit de son bilan de mi-mandat c'est parce que les investissements paradoxalement n'ont jamais été aussi importants qu'à la sortie de la crise sanitaire et économique. "C'est vrai que nos équipes sont restées mobilisées pendant ces moments difficiles".
Mi 2020-mi 2023, Petite-Île a investi 24 millions dans l'économie, se félicite Serge Hoareau. Cette année, l'investissement atteindra un niveau record de 15 millions. "Un certain nombre de projet ont été lancés conformément au programme de mandature", précise l'édile. Aménagements de voirie, livraison de la Maison des veillées, mais aussi des nouveaux chantiers lancés à l'image du cimetière, de la couverture des plateaux sportifs, ou de la réhabilitation de l'école Les Bougainvilliers... "donc Petite île intervient sur plusieurs champs et il est vrai que dans ce bilan de mi-mandat on a su profiter de l'alignement des planètes financières. À l'issue de la crise sanitaire, on a eu le plan France Relance, REACT-UE et pleins de financements", se félicite Serge Hoareau.
Coté dynamisme économique, cette mandature a soutenu la création d'une association de commerçants "pour essayer de dynamiser notre petit tissu économique et c'est important parce que Petite île est coincée entre Le Tampon, St-Pierre et St-Joseph et il est essentiel qu'on ait une activité économique de proximité et qui à mon sens va prendre de l'ampleur parce qu'il devient difficile de se déplacer", analyse Serge Hoareau.
Parce que Petite-Île veut garder son identité rurale mais ne veut pas servir de ville dortoir, ses administrés doivent pouvoir "faire leurs courses du quotidien sur leur lieu de résidence pour une question de facilité". Avec ses 4% d'augmentation par an, "la dynamique est partout et il faut la gérer".
Le fort endettement de la commune pointé en 2021 paraît ainsi bien loin pour Serge Hoareau. La capacité d'endettement de la commune passe ici de 14,6 annuités en 2020 aux alentours de 4,3 cette année. "Nous avions des chantiers portés directement sur l'emprunt et la trésorerie municipale parce que nous attendions des subventions qui n'arrivaient pas. Souvenez vous de la tension qu'il y avait entre la commune de la Petite-Île et la Région. La Région de l'époque nous avait fait languir et par exemple le chantier de la Maison des veillées nous l'avions porté sur nos fonds propres. Le chantier est quasiment terminé quand la Région débloque les fonds donc forcément cela a créé une tension", retrace Serge Hoareau.
Dans sa liste des bons résultats, le premier magistrat de la ville y ajoute la proximité avec le public malgré "son engagement sur plusieurs fronts", note Serge Hoareau qui possède la casquette de 1er vice-président du Département et président de l'Association des maires de La Réunion.
Un engagement qui fait face à la multiplication d'agressions d'élus. Le 19 avril dernier, un colis suspect était découvert devant l'hôtel de ville de Petite-Île. Selon l'Association des maires de France, les atteintes physiques et verbales à l'encontre des élus sont en hausse de 15 % en 2022. "La crise sanitaire a été les prémisses de la crise économique et sociale. Aujourd'hui on voit bien qu'il y a une forme de tension permanente et les élus servent de punching ball pour extérioriser ce mécontentement". Un mécontentement qu'il faut appréhender comme "la remise en cause de toute forme d'autorité qu'elle soit parentale, scolaire, judiciaire ou celle des forces de l'ordre", analyse l'édile. "La fonction d'élus, de maire, devient difficile, parce que les gens ont aussi des attentes auxquelles ils aspirent avoir des réponses rapidement et nous n'avons pas toutes les clés entre nos mains. Le maire n'est celui qui fait de l'emploi ou crée le logement, il crée les conditions".


