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Au Port, les stations-service autonomes bloquées par le syndicat des gérants

Ecrit par M.B et J.D. – le lundi 22 septembre 2025 à 11H54

Le syndicat des exploitants dénonce une situation intenable pour les gérants, dont la marge fixée par l’État est gelée à 12 centimes par litre depuis 2021. Après des fermetures dimanche matin, l’action s’est durcie ce lundi avec des blocages de stations dites « autonomes » au Port.

À la suite d’un échange en fin de semaine avec le SGAR (Secrétariat aux affaires régionales de la Préfecture), il a été signifié que le Pôle C – chargé de travailler sur le marché pétrolier – ne prévoyait aucune revalorisation de la marge des gérants de stations-service.

Ce travail avait été amorcé avec l’ancien préfet Jérôme Filippini, il y a plus d'un an et demi. « Depuis 2021, nous n’avons pas eu de revalorisation. Pourtant, comme toutes les entreprises, nous avons subi le Covid, la crise des gilets jaunes, ou encore les perturbations du canal de Suez », rappelle Gérard Lebon, président du Syndicat réunionnais des exploitants de stations-service (SRESS).

Aux Antilles une revalorisation mais rien à La Réunion

Les premières évaluations avaient montré qu’en moyenne, les stations perdaient près de 64.000 euros par an sur les produits régulés (carburants), en raison de l’absence de revalorisation de leur marge. Or, la marge des gérants est fixée à 12 centimes par litre, sans possibilité de l’ajuster librement. « Aux Antilles, ils ont eu 2,5 centimes de plus l’an dernier pour les mêmes raisons. Ici, on nous répond qu’au 1er octobre, rien ne changera », regrette Gérard Lebon.

Face à cette fin de non-recevoir, le SRESS a organisé vendredi soir une assemblée générale. Dès le lendemain, plusieurs gérants du Sud – notamment à Saint-Pierre et Petit-Île – ont choisi de ne pas ouvrir leurs stations le dimanche matin.

Lire aussi : Les gérants de stations-service en colère après le gel de leur marge sur les carburants

2 centimes en plus

Mais dès ce lundi, le syndicat a durci sa position. Le SRESS a entamé le blocage de stations dites « autonomes » situées au Port, estimant que les pétroliers y vendent directement du carburant en prélevant à la fois leur marge et celle habituellement réservée aux gérants. « Aujourd’hui, nous avons pris la décision d’aller sur ce que nous appelons les stations fantômes, ou stations autonomes. Ce sont des sites où des compagnies privées viennent s’alimenter sans gérant, avec des prix qui défient toute concurrence. On annonce au totem 1,21 euro le litre de gasoil, mais eux peuvent vendre bien en dessous. C’est une atteinte directe à notre activité », dénonce Gérard Lebon.

La revendication porte sur une hausse de 2 centimes par litre. Un ajustement modeste en apparence, mais qui représenterait des dizaines de milliers d’euros à l’échelle des volumes écoulés. « Nous sommes en train de crever. Ces 2 centimes, oui, ce serait au consommateur de les payer. Mais c’est comme dans tous les secteurs : c’est le client final qui finance l’activité. Ce qui est en jeu, c’est le maintien d’un réseau de stations-service sur tout le territoire, avec leurs emplois », insiste le président du SRESS.

« Il est déplorable de devoir aller à la rupture pour faire avancer les dossiers »

Alertés, la DEETS et le Pôle C ont indiqué ne pas pouvoir intervenir, faute de sanctions prévues dans le décret. Une réponse qui ne passe pas pour le syndicat. « Il est déplorable de devoir aller à la rupture pour faire avancer les dossiers. On nous a demandé de ne plus mener ce genre de mouvement, mais on nous balade », regrette Gérard Lebon.

Le SGAR s’est engagé à revenir vers le syndicat d’ici mercredi. Une nouvelle assemblée générale devrait suivre pour décider de la suite du mouvement. Et pour le moment, rien n'est arrêté par le SRESS.

Etiquettes : Station-service

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