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Assises: « S’il n’avait pas été arrêté, je suis sûre qu’il m’aurait tuée »

Depuis ce matin, se tient le procès de Yasapala Perera, Sri-Lankais de naissance, pour avoir tenté d'assassiner son ex-épouse, 36 ans après leur séparation.

Ecrit par – le mercredi 10 octobre 2018 à 16H36

Ils se sont rencontrés en Angleterre en 1975, à l’université de York. En décembre de la même année, ils se marient. Ghislaine a déjà un enfant de 3 ans, Yann, d’une précédente relation. En 1977, nait le premier enfant du couple, Sandy, c’est à ce moment que tout déraille.

Yasapala Perera devient extrêmement désagréable avec le petit Yann, il ne le supporte plus. De brimades en corrections, Ghislaine décide de laisser Yann chez ses parents en France, alors qu’il n’a que 4 ans. « C’était le prix a payer pour vivre avec lui« , dit-elle à la barre. 

Huit mois se passent avant que le petit ne revienne vivre avec le couple. La situation se dégrade de plus belle au point que le ti-père refuse de lui adresser la parole. Lorsqu’il souhaite lui parler, il s’adresse à sa mère. Alors qu’il lève la main une fois de trop sur Yann, Ghislaine prend sa défense et gifle son mari. Il quitte la maison et elle n’aura plus de nouvelles de lui pendant près de trois ans. Elle entame alors une procédure de divorce. 

C’est déjà la troisième agression envers son ex-épouse

L’accusé n’en n’est pas à son coup d’essai. C’est déjà la troisième agression envers son ex-épouse. La première en 2001, à l’aide d’une bombe lacrymogène, n’avait entrainé aucune plainte. La seconde en 2008, plus grave avec une arme de poing qui lui vaudra 3 ans de prison, une interdiction d’approcher la victime, de détenir une arme ainsi que des dommages et interêts de plus de 15 000€ dont 8000€ au titre de la crainte qu’elle a de lui. 

À la barre, Ghislaine parle de cette agression avec les larmes aux yeux. Ils avaient prévu de se voir dans un bar. Tout s’est bien passé, pensant même qu’il n’avait plus de rancoeur. À la sortie du bar, soudainement, il sort une arme, tire, mais le coup ne part pas. Il avait alors continué à la frapper avec l’arme. Leur fils Sandy, avait d’ailleurs dit à sa mère le matin de sa rencontre avec son père, « ne voit pas mon père seul, il t’en veut à mort« . « S’il n’avait pas été arrêté, je suis sûre qu’il m’aurait tuée » ajoute t-elle en sanglots.

Il agresse alors son ex-femme à coups de hache

C’est le 20 juin 2016 à 12h05 que Yasapala Perera a failli arriver à ses fins. Malgré son interdiction d’entrer en contact avec Ghislaine, il la croise, rue Jean Cocteau. S’en suit une scène d’une rare violence. Il agresse alors son ex-femme à coups de hache. Sans l’intervention de plusieurs personnes, elle serait morte. 

Sur ces faits, Yasapala Perera, reste vague et ne répond pas directement aux questions du président. Il s’exprime surtout en anglais, le traducteur présent fait l’interface entre lui et la cour, ce qui ne manque pas de compliquer les débats. « Pourquoi lui avez vous mis des coups de hache?
– Je voulais l’éviter, mais c’est elle qui est venue me demander ce que je faisais là. Elle avait le même sourire qu’il y a 43 ans quand elle m’a piégé, les souvenirs sont remontés, je me suis énervé quand je l’ai vue. Elle vient me parler alors qu’elle m’a demandé 8000 € parce qu’elle avait peur de moi! La colère est montée et je suis devenu incontrôlable

Que faisiez-vous avec une hache?
– Je l’ai achetée pour couper un arbre
« .

« Je voulais un huis clos car j’ai des révélations à faire »

Alors qu’il n’avait pas parlé en garde à vue, qu’il avait refusé de participer à la reconstitution, et qu’il n’avait pas parlé devant le juge d’instruction, Yasapala Perera s’explique enfin : « Je n’ai pas parlé avant car je ne voulais pas faire de tort à mes proches. Pour ce procès , je voulais un huis clos car j’ai des révélations à faire. Je parle aujourd’hui car je voulais parler librement. Chez le juge, la presse arrive à avoir les informations, ici c’est devant les jurés. Je veux exprimer à quel point elle a nui à son fils et même à son petit fils« . 

Lors de ce procès étalé sur deux jours, le juré d’Assises devra déterminer si, oui ou non, Yasapala Perera avait bien prémédité son geste ce 20 juin 2016. Mis en examen pour tentative d’assassinat, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

 

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