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Assises: Le "Père Fouras" condamné à 15 ans de réclusion

Ecrit par zinfos974 – le mardi 6 novembre 2018 à 11H50

C’est comme ça qu’on l’appelle en prison. Avec sa longue barbe blanche, son crâne dégarni et sa canne à la main, on pourrait les confondre. Mais le gardien des clés de Fort Boyard est bien plus sympathique. Christian Amelot, 74 ans, a été condamné ce mardi à 15 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa compagne, Jessie Sophie, 55 ans, le 7 avril 2017 à Bois-de-Nèfles, Saint-Paul.
 
Il n’était donc pas tout jeune. C’est peut-être pour cela qu’il a attendu qu’elle s’endorme sur le canapé du salon pour lui asséner 10 coups de couteau. Mais selon lui, l’idée est arrivée "comme ça". "En colère", il a affirmé devant la cour d’Assises qu’il voulait la tuer. "Une sincérité déconcertante", selon son avocat Me Alex Vardin, qui déborde parfois sur de l’humour, très mal reçu par les proches de la victime.

Après 6 ans d’alcoolisme et de violence entre les deux individus, cet homme qui se croyait cocu est donc passé à l’acte. Jessie Sophie, alcoolique et violente elle aussi, qui somnolait avec 2,85 g / litre de sang, est morte pratiquement sur le coup. Après avoir tenté de se débattre, probablement, selon l’expert qui a relevé des blessures dites "de défense".
 
Pour les proches de la victime, il s’agissait d’une femme et mère aimante lorsqu’elle ne buvait pas. Leurs avocats ont présenté Christian Amelot comme un manipulateur qui se trouvait à la rue et qui a profité de la générosité de Jessie Sophie pour habiter chez elle. Cette femme qui depuis plusieurs mois voulait le voir partir et avait déjà porté plainte pour violence à deux reprises.
 
"Il y a des couples qui se trouvent dans l’engrenage de la violence, affirme Me Brigitte Hoarau, avocate du fils de la victime, et Jessie Sophie a désormais rejoint cette liste sinistre de femmes victimes de violences". Un fléau bien connu, trop souvent épaulé par la consommation d’alcool. "Le rhum à la Réunion est la cause principale de crimes et délits. Même dans les stations services on en vend", rappelle Me Vardin.
 
L’erreur de la justice qui "s’est dit qu’à son âge, il n’allait pas passer à l’acte"
 
Mais l’alcool n’était pas dans le box des accusés. C’est Christian Amelot qui, comme trop d’hommes le sont, était jugé pour avoir tué sa compagne. Et comme tant d’autres, il avait déjà été violent. C’est au moment des dépôts de plainte de ces femmes battues que la justice doit faire un choix.

En effet, la deuxième procédure en 2016 avait été classée sans suite après que Jessie Sophie ait retiré sa plainte. "Un pari pris et un pari perdu, avoue l’avocat général, on s’est dit qu’à son âge, il n’allait pas passer à l’acte". Si la justice n’a su réagir il y a deux ans, l’avocat général a tenté de rattraper devant la cour d’Assises. "Doit-on minorer la peine car à son âge il ne présente plus un danger pour la société ? Non". Elle a donc requis 20 ans de réclusion criminelle assortis d’une période de sureté de 10 ans.
 
Les jurés ont finalement pris en compte le contexte violent du couple alcoolique ainsi que l’âge et la santé de l’accusé en prononçant une peine de 15 ans de réclusion criminelle.

Retrouvez en vidéo, la réaction du frère de la victime, à l'annonce du verdict : 
 

 

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